En bref :
Les points d’intérêt : mythe de l’androgyne, Platon, philosophie, amours plurielles, polyamours, Françoise Simpère
Podcast Platon
Désir Éditions
Platon (2025)
Podcast : Cette conversation audio rassemble un homme et une femme autour du billet qui suit, en revenant sur ses principaux points. Les intervenants explorent la diversité des formes de l’amour, esquissant la possibilité d’un polyamour où chaque relation fleurit sans porter atteinte aux autres.
Résumé : Anarelle, auteure libertine et libertaire, capitaine du Désir Éditions, vous convie à un voyage philosophique au cœur de la question universelle : « Qu’est-ce que l’amour ? ».⠀
À travers une conversation imaginaire entre Platon, figure majeure de la philosophie occidentale, et Françoise Simpère, pionnière hexagonale des amours plurielles, l’auteure orchestre la rencontre de deux conceptions de l’amour qui, à première vue, sont contradictoires, mais à y regarder de plus près, peuvent se révèlent complémentaires. ⠀
Anarelle déploie une réflexion nuancée sur la quête de l’amour, qui, depuis l’antiquité, s’accompagne de débats sur l’identité, la liberté et la pluralité des désirs. ⠀
À travers des échanges empreints d’humour et de profondeur, elle questionne les normes sociales et les injonctions millénaires qui pèsent sur nos vies affectives, qu’on soit homme ou femme, époux ou épouse, amant ou amante. ⠀
Anarelle propose ainsi une vision réconciliée de l’amour, au sein de laquelle la recherche de la moitié perdue et la multiplicité des relations coexistent en harmonie. ⠀
Elle lance une invitation à chacune et à chacun : écrire sa propre histoire d’amour, au-delà des modèles imposés, et savourer la richesse des liens interpersonnels, sans culpabilité ni jugement. ⠀
Ce billet s’adresse à toutes celles et tous ceux qui s’interrogent sur la nature de l’amour, sur la possibilité de vivre plusieurs amours sans trahir ni soi-même ni les autres, et sur la liberté de choisir sa propre voie affective. ⠀

À la recherche de l’Amour : voyage philosophique entre mythes, identités et dialogues imaginaires
Philosophes, penseurs, écrivains abordent, depuis l’aube de l’humanité consciente, avec légèreté ou gravité, la question de l’étoffe constitutive de l’humain.
Certains d’entre eux se passionnent pour un sujet en particulier : le « Sujet » qui se trouve, pour la plupart d’entre nous, au centre de notre raison d’être. Une recherche qui perdure depuis des millénaires, et à laquelle chacun tente d’apporter une réponse, sa réponse. Celle-ci varie selon les individus, leur inclination morale ou sexuelle. Aucune vérité absolue ne prévaut. Pourtant, une unité demeure : tous, ou presque, nous poursuivons Amour. Le grand, le beau, le vrai, celui qui rime avec toujours.
Amour, mot qui se décline au féminin comme au masculin, paradoxe vivant, source de bonheur et de larmes, au nom duquel naissent autant de biens que de maux.
N’étant qu’une humaine au sein de la myriade, je me suis lancée, moi aussi, à la recherche de ce que pouvait être mon amour.
Entre la sagesse de la Grèce antique, la culture des premiers âges du pays du soleil levant et les réflexions avant-gardistes de deux théoriciens hexagonaux de l’amour libératoire, j’ai marié, dans cette série de billets en deux parties — qui auraient pu s’intituler « Dis, c’est quoi l’amour ? » —, temps anciens et présents.
J’ai imaginé des dialogues, mettant en scène des personnes, qui, avant d’être penseurs, demeurent par essence des humains animés de sentiments, en quête de compréhension de la nature-même de l’amour. Et puisque « sapiens », sagesse et « savoir » ne riment pas nécessairement avec tristesse, je me suis amusée à inventer des échanges entre ceux qui ont nourri ma propre conception de ce sentiment.
Prêts ? Alors, chaussez vos bottes de sept lieues cérébrales et partons en randonnée à la découverte d’un paysage où vallées et pics, féminins et masculins, s’associent, réconciliés, pour ne former qu’un tout sans pour autant renier leur individualité.

Divinités volages et recherche amoureuse : mon épopée philosophique à l’époque du lycée
C’est en classe de terminale, en cours de philosophie, que je pris connaissance de cette fable — ou peut-être n’en était-ce pas une ? Allez savoir — dans laquelle chaque humain peut, peu ou prou, se reconnaître dans l’aspiration à trouver sa moitié.
En effet, fatiguée des querelles émaillant les cieux du mont Olympe, entre les dieux et les déesses, qui faisaient trembler le monde hellénique — entre autres, les innombrables récits où Héra attendait Zeus armée d’un rouleau à pâtisserie suite à l’une de ses multiples frasques adultérines, sûrement dues à une erreur d’appareillage de leur attelage —, je plongeai, en apnée, dans cette histoire, avide d’explorer le fleuve de la pensée platonicienne.
Je m’aperçus alors que le mythe de l’androgyne ne se cantonnait pas à la quête effrénée d’un Valentin ou d’une Valentine. Non, non ! Il m’indiquait — mine de papier, mine de crayon — que dans notre petite personne, nous avons tous des mélanges de yin et de yang, un côté Barbie et un côté Ken. Évidemment, Platon ne l’avait pas écrit ainsi, mais on peut extrapoler, n’est-ce pas ?
En bref, le philosophe nous expliquait simplement que nos identités pouvaient être aussi variées qu’un buffet à volonté, et, par là même, que notre moitié peut être d’un genre similaire au nôtre ou différent, au choix.
Une autre révélation du « Banquet » (décidément, un festin pour l’esprit ! Je sais, celle-ci, vous l’attendiez depuis le début, et je n’allais pas vous décevoir !) : l’amour devient une sorte de chasse au trésor par laquelle on cherche non seulement notre « demi », mais tout autant une harmonie personnelle, des relations apaisées entre notre Vin Diesel et notre Mary Poppins intérieurs. On peut aussi être l’un des sept nains ou une Blanche-Neige endormie, c’est comme vous le sentez ! Un croisement des quatre, pourquoi pas ? Ce ne sont que des exemples, parmi des dizaines de combinaisons possibles ; de créer votre recette.
Le philosophe mentionnait également que, pour l’amour avec un A majuscule — enfin, l’Éros —, la langue grecque offrait toute une gamme de déclinaisons, propres à exprimer nos différents supports affectifs.
En bref, ton complément est celui (celle) qui te prend avec tes paillettes, tes petites monstruosités intimes, sans vouloir te coller des étiquettes comme on le ferait avec les fruits et légumes ni te mettre dans un coffre fermé à double clé, dont il (elle) serait le (la) seul(e) propriétaire.
Et au bout du compte, il déduisait que, malgré notre incomplétude due à l’intervention de Zeus, deux humains peuvent s’assembler comme les pièces d’un puzzle et créer des liens aussi solides qu’une connexion Wi-Fi en fibre optique !
Examinons plus en détail ce que nous dit Platon du mythe de l’androgyne.

Platon et l’énigme de l’androgyne : Amour, mythes et bidouilles cosmiques !
Platon se trouve représenté depuis plus de deux millénaires sous les traits d’un barbon, barbu à l’apparence aussi barbante que rébarbative — je pense que là, vous avez bien l’image du sage à la pilosité faciale fournie et l’œil sévère —.
Donc, ce philosophe, plus renommé pour ses idées « cartésiennes », avant l’heure, que pour ses élans romanesques, nous a, pourtant, légué dans son « Banquet » un conte pour sentimental éperdu, celui du mythe de l’androgyne.
Dans celui-ci, il nous donne à imaginer, se cachant tout de même un peu derrière le discours du poète comique Aristophane, qu’au début des temps nous étions des êtres entiers, ronds comme des pommes, dotés de deux visages et d’un équipement corporel en double exemplaire. Des êtres entiers, à la puissance sans pareille, vivant dans une suprême félicité.
Évidemment, ce qui devait arriver arriva, nos ancêtres prirent la grosse tête, et ils défièrent les dieux. Et ne me rétorquez pas que c’est la faute des gars, comme d’hab , avec leur ivresse du pouvoir, parce que là nous étions féminin-masculin confondus, donc équitablement « coupables ».
Zeus, le macho en chef de l’Olympe, fou furieux de nos incartades, ne fit ni une ni deux et descendit de sa montagne, peut-être un poil (encore une histoire de poil, on y revient !) envieux de notre complétude, et dans un élan de créativité punitive décida de nous fendre la poire, et pas qu’elle : nos corps attachés aussi, en deux. De cette partition naquirent un homme et une femme séparés à jamais. Depuis, nous sommes condamnés à chercher notre moitié perdue pour retrouver notre intégralité originelle.
Avouez que le mythe est joli et que Cupidon, lui-même, n’aurait pas dit mieux que notre antique velu.

Portrait de l’écrivaine, journaliste, essayiste Françoise Simpère
Une rencontre qui m’enleva une épine du crâne
Ma deuxième rencontre amoureuse, littéraire, se situa bien des années plus tard, avec une noble dame issue de notre bel hexagone, qui diffusa, au milieu des années 2000, une pensée non pas inédite, mais qui allait à l’encontre des courants routiniers pour le couple, aussi moralisateurs que mortels — enfin, à mon sens !
Lorsque je découvris, dans un recoin d’une librairie, le « Guide des amours plurielles », j’eus comme un déclic : soudain, je n’étais plus seule dans mon tanga existentiel, à me demander si mes élans de cœur relevaient d’une douce excentricité ou si je devais, dans l’urgence, consulter un psychologue, tant les injonctions et le conditionnement millénaire avaient imprimé à mes neurones une architecture rigide — un homme, une femme, pour toujours.
Non, mes envies libertines et libertaires n’étaient ni extravagantes ni inconvenantes ; elles étaient simplement… moi : vivante, vibrante, aimante !
Cependant, une question continuait de me tarauder : comment concilier cette quête de la fameuse « moitié », ce Graal romantique, avec mon goût assumé pour les fragrances de divers bouquets d’amours, alors que je papillonnais allègrement dans les jardins du libertinage ?
Françoise Simpère m’apporta, de sa verve joyeuse, bien des réponses ; menons la revue de détail.

L’Amour polyphonique : quand Françoise Simpère réinvente le jardin des délices relationnels
Françoise Simpère fut un peu une architecte des affaires de cœur de ces années-là, qui, armée d’un mètre et d’une bonne dose d’humour, suggéra de construire des ponts entre les différents amours, au lieu d’ériger le mur des Lamentations autour des conjoints.
Dans son « Guide des amours plurielles », elle ne propose ni n’impose un mode d’emploi universel. Il constitue, plutôt, une sorte de boîte à outils relationnelle, où chacun, homme comme femme, peut piocher ce dont il a besoin, et propose la perspective d’affections qui peuvent se multiplier, de ce qu’elle appelle le lutinage.
Elle m’invita à considérer l’amour comme une forêt enchantée, où chaque arbre, chaque buisson, chaque sentier peut offrir des rencontres inattendues, composée de bosquets touffus ou foisonnants.
Le polyamour, tel qu’elle le défend, n’est pas une fuite en avant dans un parc d’attractions sentimental, où l’on passe de carrousel romantique en montagnes russes, mais plutôt une promenade à vélo à travers une belle campagne : on peut choisir de rouler seul, en tandem, ou même en peloton, à condition que tout le monde regarde dans une direction identique et ne se prenne pas le pantalon ni la robe, dans les rayons.
Simpère rappelle que l’amour pluriel n’est pas une solution magique pour cœurs fatigués, ni une potion miracle contre la routine, mais une invitation à explorer, à expérimenter, à se découvrir soi-même à travers la rencontre de l’autre, ou des autres. Elle insiste : il ne s’agit pas de remplacer la monogamie par un supermarché du sentiment, ni d’aimer n’importe qui n’importe comment, et surtout pas au détriment de ceux que l’on affectionne déjà, mais d’ouvrir le champ des possibles. Au lieu de vous contenter dans votre vie amoureuse d’un plat unique, de tester les saveurs d’une carte XX’Elle ou Lui, comme il vous plaira, quand il vous plaira.
Dans une société qui commençait à franchement secouer le joug des règles qui avaient eu force de loi pendant des siècles, l’enchanteresse du « polyaffect » s’appuyait sur les témoignages de ceux qui expérimentaient, déjà, ce genre de relations depuis des années.
Et qui, malgré les défis du quotidien — gestion des agendas, regards curieux du voisinage, ou ébahissement des amis, ainsi que de potentielles frictions entre les polyamoureux —, parvenaient à concilier vie de famille et amours multiples, tels des jongleurs réussissant à lancer plusieurs balles sans jamais en faire tomber, ou presque.
La plupart des personnes qu’elle avait interrogées ne regrettaient pas d’avoir emprunté ce chemin, même si, parfois, celui-ci s’apparentait à un authentique numéro d’équilibriste afin de ménager la chèvre et ses choux.
Simpère me proposa ainsi une véritable « écologie amoureuse », où chaque relation peut trouver sa place, sans nuire aux interactions sentimentales existantes. Un peu comme dans un jardin partagé où chaque plante peut s’épanouir sans cannibaliser l’autre.
Son approche, qui tenait à la fois de la philosophie et du pragmatisme, m’invita à repenser les normes, à questionner mes propres désirs et à construire, au-delà des modèles imposés, une vie affective plus libre, plus riche, et surtout, plus savoureuse.
Et c’est ainsi que lors d’une soirée, hébergeant dans mon cerveau un théâtre antique miniature, le rideau se leva sur une scène improbable : Platon, le philosophe à la barbe plus fournie que mon agenda, quoique, à l’époque, rien n’était moins certain, face à une Françoise Simpère : flamboyante ambassadrice des amours plurielles.
Je me suis plu, à l’occasion de la thématique du mois de juin — Amours singulières, amours plurielles —, à retranscrire ce dialogue intérieur et à vous livrer une petite mise en scène dans laquelle, bien qu’à première vue antinomiques, la recherche platonicienne de la moitié qui nous complète et la vision des amours pluriels parviennent à fonctionner en harmonie.
Lever de rideau.

Quand Françoise Simpère a un « Date » avec Platon
Le décor :
Imaginez un antique hémicycle. En contrebas, une mer limpide et, au loin, des montagnes arides se découpant. Françoise Simpère (tout feu tout flamme) tenterait de convaincre notre Barbon (Platon) de la connexion spirituelle entre le mythe de l’Androgyne et son « Guide des amours pluriels. »
Acte I, Scène 1
Françoise Simpère (s’avançant avec entrain sur la scène, un barbu l’attend de pied ferme au milieu) : Cher Platon, ou plutôt devrais-je dire, cher Philosophe, comment trouvez-vous ce théâtre pour notre débat au sujet de l’amour ?
Platon (caressant sa barbe) : Ma chère journaliste française, ce lieu est parfait pour discuter des affaires du cœur qui sont choses sérieuses. Mais, dites-moi, comment votre guide propose-t-il de naviguer dans le vaste océan des amours plurielles ?
Françoise Simpère (avec un sourire malicieux) : Oh, c’est tout simple, cher Sage ! Imaginez un buffet d’amours à la grecque. En effet, pourquoi se contenter d’une seule moitié quand on peut avoir un assortiment de partenaires, chacun apportant son propre zeste à la salade de la vie ?
Platon (suspicieux) : Intrigant… Mais n’oublions pas que dans mon mythe, l’être androgyne était complet en soi. Ne craignez-vous pas que vos amours multiples ne soient qu’une quête sans fin pour une complétude insaisissable ?
Françoise Simpère (poitrine altière) : Au contraire, mon cher Barbon — pardon, je voulais dire mon cher Platon ! —, vous-mêmes, Grecs, avez si bien su distinguer les nombreuses nuances de l’amour, que l’on trouve déjà, chez vous, une palette bien plus riche qu’une simple « moitié manquante ». Prenez Éros, bien sûr, mais aussi Philia, l’amitié profonde, Storge, l’affection familiale, Agape, l’amour universel, Ludus, l’amour ludique, Pragma, l’amour durable, et Philautia, l’amour de soi. À travers ces différentes formes, l’amour s’exprime déjà au pluriel.
Ainsi, ce n’est pas moi qui ai inventé la multiplicité des amours, mais bien votre sagesse antique qui, la première, a ouvert la voie à cette diversité. L’amour, comme un jardin, se cultive à plusieurs, et chaque fleur a sa place, sa couleur, son parfum. Il ne s’agit pas de choisir entre l’amour singulier et l’amour pluriel, mais d’accepter que l’amour, par nature, soit éclectique, afin que nous puissions en cueillir plusieurs variétés, chacune avec sa saveur intrinsèque.
Voyez vous-même, si l’on part du principe qu’Éros est le coup de foudre, la passion brûlante, un peu comme quand on tombe amoureux d’une pizza toute chaude et craquante, à peine sortie du four. Un homme ou une femme doivent-ils se restreindre à la dégustation d’une unique pizza, au goût invariable, alors que tout un assortiment peut se présenter ?
Platon (perplexe, une habitude chez lui) : Hum, hum. Je n’ai jamais expérimenté ce mets, mais j’en conviens que si j’aimais, j’aimerais en manger de toutes sortes, quand l’envie m’en viendrait…
Françoise Simpère continue sur sa lancée (pas peu fière d’en remontrer au barbu) : Prenons ensuite Philia : l’amitié solide, celle qui survit même après que deux êtres ont échoué ensemble sur une île déserte. Genre Robinson et Vendredi Ne me dites pas que ce genre d’amitié exige l’exclusivité ?
(Sans laisser le temps à Platon de rétorquer, elle enchaîne)
Storge : l’amour familial, comme l’affection que vous avez pour votre cousin qui raconte toujours les mêmes blagues à chaque repas de Noël, ou votre grand-mère qui ricane, car elle n’y comprend rien à ces histoires de réseaux sociaux. Nous les aimons ? En dépit de leurs défauts, sans effectuer de distinction et sans que cela exige exclusivité, n’est-ce pas réalité ?
Agape, l’amour altruiste, celui qui vous pousse à donner le dernier morceau de chocolat à un enfant, même si, au fond, vous le vouliez vraiment. Cet amour-là vous ne le dispensez pas qu’une seule fois, vous ne le destinez pas qu’à un seul de vos enfants ?
(Platon se dandine, en effet, cette petite journaliste n’a pas tort)
Ludus, l’amour, joueur, flirt et taquinerie, avec une pointe d’affect. C’est la même chanson, pourquoi le réserver à une seule et unique personne ?
Et pour finir Pragma, l’amour durable, tissé sur la compréhension et la patience, comme un pantalon confortable qui vous va toujours parfaitement, qui a traversé les années à épouser vos hanches et à protéger votre fessier. Eh bien, des pantalons, je vous montrerai à l’occasion l’effet produit, il n’y en a pas un qui ne me fasse un cul d’enfer ! Je les aime, tous, suivant les saisons, mes moments, mes aspirations.
En réalité, mes amours pluriels ne sont qu’une célébration de la diversité de l’amour humain. Rien de plus, rien de moins.
Platon (pensif, se grattant le menton) : Ah, mais alors, votre vision serait une sorte de Pragma moderne, un amour qui se transforme et s’adapte au fil du temps et des expériences ? Car évidemment, si chaque amour est différent, il peut évoluer, d’Éros à Ludus, par exemple.
Françoise Simpère (excitée par cette compréhension) : Exactement ! Et n’est-ce pas là, en outre, une quête spirituelle de l’unité intérieure, comme celle de votre androgyne ? Un voyage intime à travers les relations, les rencontres. Ainsi que le suggérait Sartre. : « Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l’autre. » Ce qui nous ramène à Philautia, l’amour de soi.
Platon (acquiesçant et se lissant le poil) : Je dois admettre que votre perspective est intéressante. Il se peut en effet que l’union de deux êtres soit un préalable à la connaissance de soi-même, et que l’amour, dans sa forme la plus pure, soit un kaléidoscope d’expériences et de connexions. C’est possible…
Françoise Simpère (levant un verre de vin, rempli par Dionysos en personne) : Alors, trinquons à cette salade grecque sauce française, où chaque amour peut être une olive, une tomate, ou un concombre, une aubergine, et pourquoi ne pas la compléter par une pêche, ou un abricot ? Chacun ajoutant sa saveur unique à la beauté de l’ensemble !
Platon (souriant dans sa barbe, parce que faut pas exagérer, il va falloir qu’il réfléchisse à tout cela et contre-argumente) : À la vôtre, Françoise ! Que nos discussions continuent d’enrichir nos esprits, comme les paroles échangées dans cet amphithéâtre ont nourri mon âme. Poursuivons, voulez-vous, notre bavardage, autour d’un banquet, car il nous reste tant à exprimer…
Françoise, nature-peinture, se propulse dans les bras d’un Platon étonné. Celui-ci, une fois le câlin radieux prodigué, entraîne, bras dessus, bras dessous, notre championne nationale du « polyaffect ».
Et, tous deux furent heureux et eurent plein de conversations passionnantes !
FIN

Platon, Simpère et l’Amour en arc-en-ciel : voyage au cœur des sensations plurielles
Voilà, prenez ce qui vous plaira, ce qui vous conviendra dans votre quête de l’Amour.
Platon, un des concepteurs de la pensée philosophique occidentale, nous a livré une vision qui n’exclut pas la diversité. Bien au contraire, elle l’inclut, en appuyant sur le concept de complétude. Rappelons que l’humain solitaire, isolé, s’étiole. Le fondement de la société n’est pas l’individu, mais un groupe d’humains avançant de concert, main dans la main.
Françoise Simpère n’est ni la première ni la seule à avoir vécu des relations multiples, mais elle se distingue en ce qu’elle ne se contente pas de théoriser les amours plurielles : elle en a éprouvé les bienfaits, cheminant hors des sentiers battus, décomplexée des normes imposées. Par son témoignage, elle nous ouvre l’horizon et nous invite à envisager, au-delà des modèles traditionnels, un champ des possibles élargi où chaque forme d’amour trouverait sa juste place.
Ces deux pensées réunies ont apporté de l’eau à mon moulin. Ainsi, j’en suis venue à considérer que l’amour n’est pas un, mais bien multiple. Voyez-le un peu comme un arc-en-ciel de sensations, plus bigarré que la collection de chaussettes de Michel Onfray — bien que je ne sache pas s’il en porte, ni même si elles sont classiques ou fantaisistes —, éprouvées en compagnie de différentes personnalités.
Nous n’aimons pas les individus d’une manière similaire ni ne sommes les mêmes selon notre compagnonnage. Le « polyaffect » vous permet de rejoindre d’autres dans une intimité ludique, mais également de révéler à vous-même vos différentes facettes.
Pourquoi est-ce que je vous parle, dans cette conclusion, de Michel Onfray et de ses chaussettes ? Pour le découvrir, vous devrez lire le billet de la semaine prochaine, consacré à une nouvelle rencontre au sommet : entre ce chantre de l’érotique solaire et…
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Sources pour aller plus loin :
Podcast : interview de Françoise Simpère au sujet des Amours Plurielles
La philosophie a-t-elle quelque chose à dire sur la sexualité ?
Ils m’ont tout l’air d’avoir trouvé un terrain d’entente, nos deux compères !
Il faut dire qu’elle a le don d’argumenter, Françoise !
Et le polyamour, dans tout ça ? … Il est très curieux de constater que ce qui apparaît naturel en amitié ne l’est pas forcément en amour. Les sentiments amicaux et les affinités qui en découlent se créent fort logiquement entre plusieurs personnes, chacune ayant parfois des caractères très différents les unes des autres.
Dans le domaine amoureux, en revanche, l’exclusivité est de mise; par convention, par bienséance, par des codes imposés, par la religion… Religion qui, cependant, est quelquefois bien arrangeante quand elle justifie la polygamie ( qui n’est autre, quand on y réfléchit, qu’un polyamour à sens unique !). Voila pour un point de vue tout personnel.
J’espère secrètement que nos deux acolytes, dans leur course à travers les airs, auront la tentation de diffuser leurs théories dans ces pays de désolation où l’amour est emprisonné, voilé, grillagé. Et, sur ce plan, ils ne sot pas, hélas, au bout de leurs peines !
En tous les cas, ce dialogue imaginaire ( comme celui entre Michel Onfray et Amaterasue, d’ailleurs ) est particulièrement original, avec cette touche d’humour qui fait réfléchir d’une manière ludique.
A bientôt pour un autre de ce type ??
Bonjour Frank,
Merci beaucoup pour votre commentaire. En ce moment, et tout au long de l’été, nous diffusons un roman https://desir-editions.fr/histoire-amour-eternelle-septieme-jour-prologue/. De plus, j’attends que l’inspiration revienne pour écrire un nouveau billet philosophico-humoristique. Je ne ferme cependant pas la porte à cette possibilité.
Votre soutien, billet après billet, me touche profondément.
Bien à vous,
Anarelle