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La Chevauchée de la Walkyrie, Chapitre 4 de la chronique libertine élégante, « L’Oiseau de Feu »

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Lecture offerte par Laurent Ducastel.    

Au cours du chapitre précédent, Philippe tentait de cerner la personnalité du mari de celle qu’il convoitait, dans le cadre libertin d’une rencontre trioliste hétérosexuelle, impliquant deux hommes et une femme. Refroidi par une alternance de réponses laconiques et rebuffades, il se trouvait près à abandonner la conversation. Pourtant, un je-ne-sais-quoi, ce piment dont on sent toute la saveur avant même de l’avoir goûté, exerçait sur lui une attraction dont il ne pouvait se défaire. 

Au fil de ce nouvel épisode d’une histoire d’amants hédonistes, vous découvrirez en même temps que Philippe que les apparences peuvent être trompeuses, et que ce que l’on envisage, de prime abord n’est pas toujours « La Vérité ». La réalité dépassera-t-elle les espoirs les plus fous de notre héros ?   

L’Oiseau de Feu, récit glamour et poétique, vous dévoilera un des pans des pratiques du libertinage érudit. Une autofiction où le vécu se pare d’une touche de magie romancée. 

Afin de vous connecter pleinement à l’univers créé par Laurent Ducastel, écoutez durant votre lecture les accords contemporains fusionnés aux mouvements d’inspiration classique wagnérienne, mêlés par notre « Cyber Poète », Mister Salamander. 

Libertine Chronique Opera Classique Chapitre 4 Roman Litteraire 1

Libertine Chronique Opera Classique Chapitre 4 Roman Litteraire 1

Désir Éditions

Chronique Libertine Chapitre 4 (2025)

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Une expérience originale et exclusive Désir Éditions  

Avertissement : Si vous êtes allergique à l’un ou plusieurs de ces ingrédients — propos sexuels, humour, dérision, poésie, style relevé, femme libertine, militaire, conseiller patrimonial, échangisme, triolisme —, nous vous déconseillons la lecture de cet ouvrage. 

****** 

Un vendredi après-midi, emploi du temps soulagé par une annulation de dernière minute, je laissai, malgré mes obligations professionnelles, dériver mon esprit vers les plaisirs que je pourrais m’accorder le week-end, les gosses prenant quartier, dès le soir et pour la semaine suivante, chez leur mère et son micheton. 

J’eus la surprise de recevoir un message, sur le tchat du Site, de la part de celle qui se résumait alors à un magnifique postérieur : « Bonjour “Sensuellementvotre”, mon mari m’a informée de votre prise de contact. Je serais heureuse, lorsque vous aurez un moment, d’échanger avec vous. J’aime beaucoup ce que votre annonce dégage : les clichés de votre album privé, ainsi que votre présentation, me permettent d’envisager, de prime abord, des connivences sensuelles et intellectuelles. Au plaisir de nous croiser. Lauren. » 

Ces quelques mots, délicieusement alignés, me firent m’interroger : qu’est-ce qu’une femme comme elle, qui semblait l’incarnation de la courtoisie, en tout cas plus sociable que son homme, fichait avec l’ours mal léché qui m’avait baladé quelques jours auparavant. Difficile d’imaginer deux communications aussi dissemblables. 

Comme tout un chacun, je ne peux m’empêcher de présupposer. Et croyez-moi, mon préjugé s’avéra complètement erroné. 

Devant mon écran, je haussai les épaules, supputant que leur couple rejoignait la grande famille des désillusionnés de la vie maritale. 

J’en avais rencontré quelques-uns, dont les motivations étaient d’accorder à leur relation un sursis, une prolongation acceptable, par la recherche, sous contrôle du mari, d’un amant galant, afin de pallier les déficiences conjugales, qu’elles fussent d’ordre sexuel ou plus généralement relatives à une séduction envolée depuis des lustres. 

Je tenais bien l’idée, en ayant moi-même été victime à la fin de mon union. J’aurais peut-être dû essayer cela avec Nathalie. Ma foi ! Quelle importance, au fond ? On ne peut parcourir les chemins qui n’ont pas été empruntés. Que sera sera, what ever will be will be . (1) 

La belle était en ligne, je ne me rappelle plus exactement les termes de cette première conversation. Celle-ci s’inscrit dans ma mémoire comme enjouée, naturelle, agréable. Suite aux présentations d’usage, à mon étonnement, Lauren m’interrogea peu au sujet de mes pratiques, de mes tabous, avançant qu’allier libertinage aux mots : « jamais » et « règles immuables », était un paradoxe qu’elle ne cultivait pas.  

Elle virevolta de thème en thème. Lesquels ? je ne n’en ai plus grand souvenir. Il ne me reste que l’impression de ses allusions taquines, elliptiques. 

Pourtant, allez savoir pourquoi ? Une réplique me marqua et je ne pus m’empêcher d’éclater de rire, lorsqu’au détour d’une question, elle me rétorqua tout de go : « Considère-moi, un peu, comme une Walkyrie, je chevauche les orages de nos pulsions ! Et à ce jeu-là, j’ai crevé plus d’un étalon. »  

En fait, tout au long de cette première escapade dans son univers, je me fis l’effet d’être un faux bourdon butiné par la reine des abeilles. 

Elle me réaffirma, s’il me restait le moindre doute, qu’elle ne surfait pas sur la vague des pasionarias de Monsieur Grey. Qu’en revanche, ses nuances étaient multiples et qu’en dehors de cette restriction de taille, d’autant plus avec un complice épisodique, elle et son compagnon étaient ouverts à toutes sortes de jeux sensuels. 

De mon côté, je réitérai le warning que j’avais adressé à son mari, à savoir que si j’étais assez souple quant à mon rôle au sein d’un trio, le BDSM hard, qu’il fût exercé sur moi ou qu’on me demandât de l’infliger à une femme, ainsi que la bisexualité échappaient à ma sphère d’attraction. 

Si vous êtes pratiquez l’échangisme, vous savez, certainement, comme moi, qu’il vaut mieux vaut radoter à ce propos que se retrouver ultérieurement victime d’un quiproquo. En effet, je détesterais servir de garniture entre deux tranches de pain, comprimé entre le corps de Madame et celui de monsieur, serrant les fesses et priant pour que le cornichon de l’époux, dans le meilleur des cas, le concombre, selon une prévision nettement plus pessimiste, ne tentât aucune incursion malvenue. 

Lauren, s’avéra, dès cette première prise de contact, franche et ouverte, du genre volubile. J’appris qu’elle travaillait à son compte, dans le marketing digital. Je lui dévoilai également ma profession. Ses réponses fusaient, ainsi que ses questions. Aucun temps mort dans la progression de notre découverte mutuelle. 

Lorsque j’avançai mes témoignages, pour preuve de mes indiscutables qualités d’amant, je reçus en retour un : « Ce qui plaît aux uns ne plaît pas forcément aux autres. Et je ne suis pas tout le monde ! » 

Le souvenir de la croupe tentatrice moulée de lycra m’aida à admettre le bien-fondé de la répartie, anéantissant dans la seconde le caractère prétentieux de cette proclamation. 

Je lui signalai que mon secrétaire m’annonçait l’entrée d’un de mes plus gros clients. Un du genre tatillon avec qui je gaspillerais plusieurs heures à réviser positions et ventilations de ses actifs. Un pesant dans tous les sens du terme. Je n’avais pas vu le temps filer. J’étais en train de prendre galamment congé, lorsque, à mon grand étonnement, elle m’envoya ce message : « Je t’ouvre nos albums privés, je t’en souhaite une bonne dégustation ! Au plaisir et merci pour cette savoureuse conversation. » 

Ne la connaissant pas encore, j’inclinais à croire que c’était simplement pour me remercier de m’être conduit en parfait gentleman qu’elle m’en avait permis l’accès. 

Aujourd’hui, je sais qu’elle l’a fait exprès, de ne procéder qu’au dernier moment pour me titiller, pour que je me projette, pour que je l’imagine, pour me faire lanterner, tirer la langue. 

Est-elle une peste, sans cœur ? Non, c’est une chipie joueuse ! Son génie ? Entraîner ses amants vers le sommet de la concupiscence pour sa personne. Et elle maîtrise la manœuvre de A à Z. Essayez de vous dépatouiller quand vous êtes ferré par une incitation aussi forte ! 

Durant deux heures, mon esprit tourna à plein régime, tout en repassant pertes et profits du millefeuille croustillant, me penchant minutieusement sur le nuage d’Ichimoku (2), consultant Kinjun-sen (3), Senkou-span (4), d’un air appliqué, pour déterminer si l’action du groupe L’Oréal, celle de Marathon Pétroleum viendraient briser leur ligne support ou si elles franchiraient celles des résistances haussières ou baissières. 

Simultanément, le baromètre présent entre mes cuisses se préoccupait d’autres élévations. En pilote automatique, opinant mécaniquement du chef pour signifier au lourdingue que je suivais son raisonnement, je ressassais notre échange, me perdant en conjectures : serais-je déçu ? Ou, au contraire, le contenu de cet album forcément divin surclasserait-il mes expectations ? 

Je m’attendais à quelques défauts physiques. Ou, encore, à m’apercevoir que la photo ornant leur fiche de profil était bien une image issue d’une banque de données. Noyé volontaire dans le chant de la fascinante sirène, j’avais oublié de le lui demander si ladite photo était vraiment la sienne. Totalement zappé le truc ! Il fallait que cette conversation m’eût causé une drôle d’impression pour négliger ainsi mes fondamentaux et me laisser mener par le bout du nez sans tenter de reprendre le contrôle des opérations.  

Je venais de me faire balader pour la deuxième fois. Le mal embouché, trop directif. L’épouse, trop bavarde. 

De fait, une faille m’apparaissait. J’avais affaire à un moulin à paroles, volatil et inconséquent. Une jolie coquille vide, qui attendait qu’un bernard-l’hermite la squattât, quoique je n’eusse encore aucune preuve, en dehors de cette ravageuse chute de reins, suffisant à lui appliquer le qualificatif de jolie. 

J’ai tendance à penser que les synapses des belles filles se réduisent à la portion congrue, Dame nature se plaisant à équilibrer qualités et défauts en chacun de nous. Je ne soupçonnais pas, à cet instant, la gifle que mon credo moyenâgeux allait ramasser et le désaveu qu’elle imprimerait à celui-ci.  

Après le trente-huit tonnes, qui me quitta enchanté, ayant pris mes acquiescements de principe pour une validation de sa lumineuse stratégie, j’enchaînai, directement, sur mon dernier rendez-vous de l’après-midi. Il se déroulait, fort heureusement, en visioconférence, et là, j’eus le temps, entre deux échanges, en raison des soucis de connexion de mon correspondant, d’inspecter le contenu du coffre-fort de la fiche « RaphLauren ». 

Je le parcourus d’abord rapidement. Aucune de leurs photos n’exposait d’acte sexuel en gros plan, ce qui me rassura quant au raffinement que je souhaitais découvrir dans ces clichés. 

J’aperçus Lauren, sur le premier, en veste de tailleur chic bleu marine, sans soutien-gorge, dévoilant la naissance de sa poitrine. Son regard perçant, vif, audacieux, me percuta. Mains en appui sur la table, elle dominait la situation. Mon esprit la figura en présidente d’un conseil d’une grande entreprise, telle que les fantasmagories de certains scénaristes des films hollywoodiens aiment à nous les représenter, une empowered woman. (5) 

Le second la proposait de dos, portant un trois-quarts en fausse fourrure imprimée camouflage vert et jaune qu’elle relevait avec impertinence, les lanières de son porte-jarretelles valorisant la nudité des fesses. La couleur de fond était orange, ce qui, semblait-il, avec le bleu marine, rythmait la majorité des images que je me repassais sans relâche. 

Un autre portrait témoignait d’une élégance racée, qui, agrémentée de ses évidentes formes féminines, n’en finissait plus de m’émouvoir : en robe de soirée, bleu vif, promouvant un décolleté ravageur. Mutine, elle, défiait l’objectif de ne pas la désirer. 

L’entièreté de ce recueil rappelait les mises en scène évocatrices des playmates glamour de mes jeunes années, voire celles dans lesquelles évoluaient les actrices pornos des premiers films des productions Dorcel : de l’érotisme aussi chic que torride. Je me surpris à murmurer : « Où elle voudra, quand elle voudra, ce qu’elle voudra. » 

Mon interlocuteur, reconnecté, palabrait presque seul, conjecturant sur l’opportunité ou pas d’investir dans les actifs cryptographiques, les actions des pays à l’économie émergente. Je lui répondais machinalement, envoûté tant par la qualité des photographies que par les physionomies changeantes de Lauren. 

Cette fille, cette femme, était une déesse païenne incarnée, diaboliquement séduisante. La religion chrétienne nous enseigne que le Malin revêt bien des apparences. Celle-ci n’était pas la moins attirante. La déroutante créature, multiple, se métamorphosait, sans cesse, sans pour autant renoncer au fil directeur qui faisait sa spécificité : une sensuelle assurance. 

Ayant conclu le visio-rendez-vous dans un état second, je découvris un album libellé : « Lady K », sous-titré : « pour les amateurs de BDSM, exclusivement ». 

Bien que n’en étant pas adepte, je ne pus résister à l’envie de découvrir ce qui s’y cachait. 

La première photographie subjuguait, je dois le concéder. Lauren me dévisageait farouchement, juchée sur un splendide cheval à l’œil furieux, crinière volant au vent, une chapelle au second plan, dans un décor d’herbes sèches et de ciel orageux. Je compris alors son allusion aux déesses du panthéon nordique. S’imposa à mon esprit l’idée que la religion promue par le petit bâtiment faisait piètre figure, estoquée par la présence altière de la tentatrice ; à moins que la belle, brûlant ses fidèles, et prête à engloutir, dans ses remous enfiévrés, tout homme normalement constitué, ne prônât un nouveau type de culte, auquel je me sentais disposé à m’adonner avec ferveur. « Elle remplaçait, pour qui la voyait nue et sans voile, La lune, le soleil, le ciel et les étoiles (6). » Dans une réminiscence de Lady Godiva, elle chevauchait à cru, sans l’ombre d’un vêtement, et je me pris à envier cette satanée bête qui se trouvait être sa monture.  

Ce n’était, néanmoins, qu’un début. Un début déconcertant, certes, jalouser un ongulé ne concordant pas précisément avec l’image que je me faisais de ma structure mentale. 

Or, sur le cliché suivant, le reposoir de Lauren n’avait pas adopté la forme d’un fringant équidé, mais celle d’un homme en zentaï (7) noir, masqué de blanc, à quatre pattes, supportant sans fléchir son poids léger. Elle ne l’enfourchait pas, à correctement parler. L’emmailloté lui servait de siège, ce qui autorisait au passage l’amazone à se cambrer. 

Résultats de mon examen ? Déjà remué par ma découverte, je restai scotché devant la poitrine irréprochable dans son top délicieusement serré et les jambes croisées, exhibant une ligne qui m’échauffait éperdument. 

La femme glamour dotée d’un charisme souverain — il en fallait, pour dompter ainsi cheval et homme, tout en teintant cette domestication de normalité, comme s’il se fût simplement agi de monter dans un bus ou de prendre le métro — me révélait encore une autre de ses facettes ! 

Détenait-elle des appétences de Domina ? Ou n’était-ce qu’un jeu de rôle ? Elle m’avait en effet informé que son « bourru » — surnom que j’avais attribué à son mari — s’avérait son photographe attitré. Clairement, le modèle et son mitrailleur se régalaient de cette activité. Brut de décoffrage, celui-ci ne m’avait pas donné l’impression d’être un artiste, mais puisqu’elle le disait et que les preuves m’irradiaient les yeux, comment aurais-je pu ne pas la croire ? 

Enfin, elle avait adjoint une vidéo, d’une trentaine de secondes, un plan large sur sa silhouette de fusée. La caméra devenant indiscrète, on pouvait l’admirer, jouant avec la convoitise du spectateur, montant et descendant une fermeture éclair de la naissance de la poitrine jusqu’à la lisière du pubis. Une combinaison short, moulante, avec effet mouillé, moirée noir, enrobait son corps parfait. Elle se déhanchait lascivement, sur une musique de strip-tease standard, mais que j’étais tout disposé à trouver symphonique. J’étais ensorcelé. 

Il n’y avait aucun autre album. Aucun de ceux qu’on s’attend à rencontrer au sein de notre tribu, ceux où les fesses de Madame sont montrées flagellées et marquées par de lourdes traces de doigts, ni de vagin béant, dégoulinant, prouvant que l’acte avait été satisfaisant pour les deux parties. Pas davantage de vidéo, l’exposant à quatre pattes, gobant goulument le membre d’un complice, avec en arrière-fond le téléviseur allumé sur : « N’oubliez pas les paroles. » Pas facile de chanter, quand on a la bouche pleine ! 

Oh, si ! Pardon ! j’ai failli omettre un élément important ! Un unique gros plan, sa main gantée de rouge enserrait un phallus, présenté dans sa paume, tel un hommage à sa beauté. 

Dans cet album de Maîtresse, le vermillon présidait, répondant à l’orange plus doux du précédent. En somme, une sorte de présentation des diverses nuances de Madame Lauren ? 

Sur le trajet de retour vers mon domicile, mon sexe, en pensée, se substitua, à celui de l’heureux possesseur que j’avais entrevu sur le dernier cliché, avant de refermer, songeur, mon ordinateur. Est-ce que je bandais en conduisant ? Devinez ! 

En rentrant, le soir, je me connectai, je voulais lui parler. Nous avions si bien collé, le feeling était inespéré, je présumais la réciprocité. Aussi souhaitais-je qu’elle se fût dégagée un instant pour m’envoyer un message, rien qu’une petite phrase afin de récolter mes impressions suite au visionnage de ses albums. Rien. 

À plus de onze heures passées, je me retrouvai à touiller les fiches couples, sans y prêter aucune sorte d’attention. Une fois, encore, je l’espérais. Avait-elle fait exprès de ne pas venir discuter ? Ou était-elle simplement occupée par sa vie quotidienne ? Connaissant, aujourd’hui, ma Dame, j’ai la conviction que son indifférence concourait à sa redoutable stratégie qui menait impitoyablement un infidèle volage à se plier au monothéisme, acquis à une unique déesse de ses plaisirs. Sans totalement admettre l’alarmant effet produit par Lauren, j’étais déjà prêt à toutes les conversions. 

Je bloquai de justesse mon message, différai l’envoi des mots émerveillés. Les sentences que j’ambitionnais de lui faire parvenir m’affligeaient par leur platitude. Comment retenir son attention ? Sortir du lot ? Les prétendants se pressaient obligatoirement au portillon.  

Je voulais surtout lui parler des pratiques de l’album estampillé « Lady K ». Je ne la concevais pas sadique. En fait, je n’arrivais pas à la cerner, ce qui était assez inhabituel. 

Femme malheureuse dans son mariage ? Peu probable, la connivence du couple s’étalant dans les clichés à haut potentiel de suggestivité. Petit piaf sans cervelle ? Plutôt un Oiseau de feu, consumant ses admirateurs dans les flammes de la concupiscence. Une Domina implacable ? Je n’en avais jamais rencontré, mais telle n’était pas du tout l’impression que m’avait laissée notre court entretien.  

Las d’agiter mes pensées dans le bourbier des fiches du Site, n’escomptant plus sa venue, je me mis au lit, et m’endormis sur des questions sans réponse, avec une seule, réellement, en tête : Qui était Lauren ?  

****** 

(1) « L’homme qui en savait trop », Film d’Hitchcock, 1954 

(2) Indicateur technique dont se servent les traders pour déterminer les tendances à venir d’un actif financier. 

(3) Une des lignes de l’indicateur Ichimoku qui représente la moyenne du plus haut et du plus bas des 26 dernières périodes. 

(4) Une des composantes de l’indicateur Ichimoku qui mesure le point médian d’une plage de prix et qui peut indiquer des niveaux de support ou de résistance. 

(5) Femme qui prend conscience de son pouvoir et n’hésite pas à l’exercer dans des postes à hautes responsabilités et plus généralement, femme émancipée. 

(6) Strophe du poème « La Métamorphose du vampire » de Baudelaire 

(7) Le zentaï est une combinaison moulante qui recouvre tout le corps, y compris la tête, et qui est utilisée pour des activités artistiques, fétichistes 

Les derniers chapitres de cette chronique libertine élégante seront prochainement disponibles dans notre espace acquisition. 

5 Salomé  

6 Le Joyau  

7 L’Odyssée  

8 L’Arlésienne  

9 L’Élixir d’amour 

10 La Damnation de Faust  

11 La Symphonie fantastique  

12 Rhapsody in blue  

Épilogue : Le Baiser de la fée 

En attendant ce moment, qui ne saurait tarder, parcourrez nos propositions de littérature française sensuelle, lisez les billets, écoutez des morceaux instrumentaux inspirées par les plus grands compositeurs de musique classique ou des chansons contemporaines aux paroles en français.  

Désir Éditions 

Envolez-vous 

Avec nos créateurs.  

2 commentaires sur “La Chevauchée de la Walkyrie, Chapitre 4 de la chronique libertine élégante, « L’Oiseau de Feu »”

  1. Remarquable chapitre, encore meilleur que les précédents, ce qui n’est pas peu dire, construit sous la forme d’une montée en puissance, et qui montre à quel point chaque individu est susceptible de focaliser sur un centre d’intérêt.
    Ici, c’est l’attirance ressentie par Philippe pour sa correspondante mystérieuse qui commence à le faire entrer dans un système dont on pressent qu’il pourrait bien devenir obsessionnel. Les photos et la séduction malicieuse du personnage de Lauren, qui mène la barque, œuvrent naturellement en ce sens.

    La force de cette affaire, le constat se révèle assez terrifiant, croyez-moi, c’est que le lecteur n’est autre qu’un Philippe bis, également captif des sortilèges de la belle et tourmenté par le besoin d’en apprendre davantage sur elle.

    Je me procurerai la suite de l’histoire. dès qu’elle sera disponible.

  2. Merci, Vulpes Vulpes, de votre fidélité et de votre commentaire judicieux. Il est toujours agréable de savoir que les lecteurs «accrochent» au récit.
    Aussitôt qu’il sera disponible, nous ne manquerons pas de vous avertir de la sortie de «l’Oiseau de feu» dans notre espace acquisition.

    Laurent Ducastel

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