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Fouette, cocher ! Prologue du conte historique coquin : « La Surprise de Lady Winter »

anarelle autrice litterature francaise erotique desir editions 1

Lecture offerte par Anarelle. 

Au fil de ce prologue, suivez les pensées intimes d’une héroïne au caractère trempé. 1910 pointera bientôt le bout de sa frimousse, et Anne de Breuil, née Winter, ne décolère pas : Madame sa mère l’oblige à renoncer aux plaisirs d’un Londres palpitant pour passer les festivités de fin d’année dans un ancestral Château Écossais. Cette jeune femme, mal mariée, aspire à se défaire d’une existence corsetée par les traditions de l’époque victorienne et évoque, sans mâcher ses mots, les carcans de sa condition. La rébellion couve dans cette jolie et bien faite tête. 

Afin d’enjoliver votre moment de lecture, Mister Salamander, notre « Cyber poète », a élaboré une musique d’accompagnement inédite et originale : des accords classiques inspirés de ceux des opéras bouffes d’Offenbach, teintés de vibrations modernes, qui vous permettront une immersion enrichie dans ce conte historique démarrant tel un cheval emballé.  

Morceau Instrumental Operette Moderne Prologue Ldw1

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Désir Éditions

Lady Winter (2025)

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Avertissement : Si vous êtes allergiques à un ou plusieurs de ces ingrédients, féminisme, histoire, propos sexuels, humour, irrévérence, grivoiserie, saphisme, onanisme, aventure extra-conjugale, aristocratie, Angleterre, nous vous déconseillons la lecture de cet ouvrage. 

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— Fouette, cocher ! À la maison. 

Je la déteste. Non, je la hais ! C’est mieux. Oser me faire cela, à moi, sa fille ! Elle dit m’aimer et elle vient de me traiter de chandelle, racolant la pratique (1), dans le quartier de Whitechapel (2). 

Oh, oui ! je la hais. Ce n’est pas ma faute si j’ai toujours chaud. C’est ainsi depuis que je suis enfant. J’ai chaud partout et surtout à l’endroit dont on ne doit pas évoquer le nom dans notre bonne société. 

Joyeuse compagnie, en vérité : mes tantes et mes cousines ? Des prudes, non, des dindes ! Voilà ce qu’elles sont ! Même pas bonnes à être farcies. Mes oncles ? De vieux croûtons, avec leurs deux marrons tout racornis, qui me reluqueront les seins, baveront sur ma taille fine. Tous des grincheux, de ne pouvoir me peloter, tandis que leur vieille, toute ratatinée de ne pas avoir été aimée, me déshabilleront à travers leur lorgnon avec des mines pincées. 

Je ne veux pas finir comme elles, moi ! La bonbonnière tel un raisin sec. 

— Henri, arrêtez de me secouer ainsi, je ne suis pas une prunier ! 

Me faire cela à moi ! Une semaine au château de Craigdarroch, planté en pleine Écosse, sans un divertissement à proximité, alors que Londres foisonne de plaisirs pendant les fêtes de fin d’année. 

Elle m’a obligée à me marier et pourtant, elle me traite toujours comme une petite fille. 

Sept interminables journées à passer avec ma famille ! Non, sa famille ! Moi, je ne suis pas une MacGregor, je suis une Winter. 

 J’ai hérité du sang chaud de mon aïeule Lady Winter, la grande séductrice. Celle-là, même, qui a tenu tête à ce Gascon de d’Artagnan. Quel idiot, cet Alexandre Dumas, lorsqu’il l’a décrite perfide ! Elle ne l’était pas ! Et puis, stupide froggie ! A-t-on idée de rajouter un « de », là où il n’y en a point. Un pédant, cet homme-là ! Lady Winter, n’est-ce pas assez noble, ainsi ? 

Oh, oui ! Moi, Anne de Breuil, née Winter, je suis de cette essence de femme : j’ai besoin d’aventure, d’action, de romantisme, et non de finir confite d’ennui en compagnie de momies qui radotent de vieilles histoires près d’un feu mourant. 

Et puis, quel est ce cadeau de Noël dont elle vient de me parler ? Une nouveauté qui arrive des Amériques, m’a-t-elle affirmé. Peste bubonique et choléra ! Je parie que c’est une chose barbare qu’elle a achetée pour me torturer, une fois encore !  

J’ai horreur du chantage : « Vous viendrez, ma fille, sans faire de manière. Nous en avons décidé ainsi, avec Monsieur votre mari. Vous verrez, je vous ai réservé une belle surprise. » Je déteste la façon dont elle continue de me traiter ! Ce cadeau, c’est un barley sugar stick (3) qu’elle m’offre pour me calmer.  

Oh ! Et à propos de sucre d’orge. Ce soir, j’y ai droit. Réglé comme du papier à musique, Monsieur mon mari : deux séances par semaine. C’est, paraît-il, ce qui est préconisé par les hygiénistes : point trop n’en faut pour ne pas commettre péché de luxure, fréquence acceptable pour pourvoir à sa descendance. Trois fils, cela ne lui suffit-il donc pas ?  

Vendredi soir, c’est son soir !  

Sept mois, sept interminables mois, que je suis mariée avec ce veuf. Quelle déception ! J’avais imaginé que sa première épouse lui aurait appris à manier son bâton. Eh bien, non ! D’ailleurs, je devrais plutôt parler de brindille en ce qui le concerne. Et au moins, si elle était dure, mais non sa verge est molle, sans consistance, juste propre à me procurer désagrément et insatisfaction. Une véritable anguille, pas même visqueuse ! 

Hystérique, elle m’a traitée d’hystérique, quand en partant j’ai claqué la porte du grand salon de son hôtel particulier. Je ne le suis pas. Comment a-t-elle pu s’accommoder de sa vie ? Passée à plier devant ces traditions qui nous éteignent, nous les femmes, dans une morne servitude ? 

1910 naîtra dans dix jours, nous sommes au cœur d’un siècle de progrès industriels : de la fée électricité, du chemin de fer. Je ne veux pas être une bête de somme. Je ne veux pas être traitée plus mal que la chère cavale de mon époux. Ah ! Elle, il la cajole et la mignote avant de la chevaucher, pas comme moi ! 

— Non, Henri, je n’aurai plus besoin de la voiture pour la journée. Vous pouvez disposer. 

****** 

1 Client de prostitué. 

2 Quartier mal famé de Londres au début du vingtième siècle. Le célèbre tueur en série Jack l’éventreur y commettait ses meurtres. 

3 Friandise, équivalent du sucre d’orge français. 

Histoire à suivre, le chapitre 1 : Olivier de Breuil sera prochainement disponible.  

En attendant, vous pouvez prolonger votre expérience à bord du Désir Éditions en parcourant des billets doux, piquants ou tout simplement veloutés qui vous sont proposés dans nos différents espaces consacrés à la littérature française et sensuelle.  

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