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Ondes langoureuses

Chapitre 8 d’une Histoire d’Amour Contemporaine : « L’Éternité aura ton regard » 

Une première mouture mise gracieusement à votre disposition par Anarelle et Laurent Ducastel, roman-feuilleton de l’été 2025, consultable exclusivement à bord du Désir Éditions.  

Prendre connaissance de la préface et des échanges textuels des deux auteurs.  

Retrouvez en podcast un retour audio sur les chapitres précédents et une discussion autour des impressions de lecture sur ce chapitre. 

Accédez aux résumés des épisodes déjà publiés et à un décryptage du style de cette aventure d’un couple moderne à l’apparence ordinaire, mais dont les pérégrinations vous réservent des surprises. 

Pour vous qui arrivez en cours de cette histoire, voici ce qui a précédé :  

Le prologue introduisait deux âmes créées il y a plus de deux mille ans, dont l’union après la mort pourrait, si elle se réalisait, sauver l’Être Suprême et son Univers, tous deux en péril d’anéantissement. Nous étions un dimanche, au septième et dernier jour d’une aventure peu commune d’un couple, pas tout à fait comme les autres.  

Le premier chapitre revenait une semaine en arrière, une journée avant que ce plane trip peu ordinaire ne commence. Juliette, née Lepucat et épouse Guitamon, conservatrice d’antiquités romaines, entamait ses congés de fin juin, déjà énervée par la charge mentale lui incombant. Son mari, Marc Antoine, dit Marco, rigoureux au travail, superviseur dans un data center, mais peu attentionné à la maison, et leur fille Cléo, adolescente, la laissant entièrement gérer le fardeau des tâches ménagères. L’harmonie conjugale pointait aux abonnés absents.   

Jusqu’à ce que Marco annonce qu’il a organisé un voyage surprise à sa moitié, s’avouant à lui-même qu’il se demandait ce qui lui avait pris. Le plane trip qui les mena à Vérone, leur première étape.  

À peine arrivée, Juliette se retrouva dans la peau de l’héroïne shakespearienne de la pièce « Roméo et Juliette ». Cette dernière vécut une journée dans la temporalité de la Renaissance italienne. Puis elle rencontra Roméo qui, la nuit arrivée, ne se contenta pas de rester à déclamer sous son balcon, mais vint lui conter fleurette jusque dans sa chambre, et l’effeuilla. 

En réintégrant son corps et son époque moderne, Juliette ne se souvint pas de ce rêve étrange et pénétrant. La journée de visite de la Vérone des années 2020, ne se passa pas sous les meilleurs auspices, allant même jusqu’à provoquer un orage entre les époux. Et puis, comme sous le coup d’une inspiration « divine », Juliette y mit terme. 

Poursuivant leur périple, ils quittèrent la ville des amants éternels, avec pour nouvelle destination : Valencia. Marco, à peine foulé le tarmac, se demanda pour quelle raison il avait choisi l’Espagne, lui qui conservait une rancœur tenace contre l’un de ses ressortissants avec laquelle Juliette avait entretenu une brève liaison cinq ans auparavant. 

En attendant la livraison de leurs bagages, devant le tapis roulant de l’aéroport, il se remémora le moment où il avait appris la tromperie, lui-même ayant naguère commis entorse au contrat de mariage. 

Juliette, toute à son bonheur de voyager et en lien avec une agréable nouvelle en relation avec son activité professionnelle, ne remarqua pas les cogitations de son époux. Elle alla même jusqu’à lui proposer un rapprochement sensuel.  

 

Résumé du chapitre 8 :  

Un hôtel de luxe au cœur de Valence, des retrouvailles voluptueuses, mais aussi des souvenirs qui ne demandent qu’à refaire surface…   

Quels secrets s’invitent derrière les murs chargés d’histoire de leur suite ?   

Juliette et Marco pourront-ils faire abstraction de ce qui les désunit ranger au placard leurs différents ?  

La chambre d’un ancien palais transformé en hôtel sera-t-il le théâtre d’un nouveau départ ? Ou la suite de ce voyage révélera de nouvelles failles au sein de leur relation conjugale ?  

À vous de découvrir ce qui se trame sous la pluie tiède d’une douche à l’italienne… Le grand large leur tend-il les bras, ou les vents du passé les détourneront-ils du cap espéré ? 

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Ondes langoureuses - Désir- Éditions

 

Valencia, une chambre de l’hôtel Caro. Jeudi, aux environs de onze heures du matin. 

Duel sur l’asphalte ibérique 

L’Hôtel Caro, jadis « Palacio du Marqués de Caro », pouvait sans aucun doute revendiquer l’appellation d’endroit d’exception. De ces établissements où la clientèle est souveraine. 

Durant le trajet qui les amena de l’aéroport aux étroites rues de la vieille ville de Valencia, Juliette et Marco connurent quelques frayeurs. Ils découvrirent des conducteurs ibères irrespectueux des règles du code de la route, pourtant presque en tout point identiques à celles en vigueur dans l’Hexagone. Leur taxi, probablement un ancien pilote de course de stock-cars, louvoya à gauche, à droite, dans une conception toute personnelle du convoyage urbain. Entre refus de priorité, stops escamotés, chauffards pilant à quelques millimètres de l’avant ou de l’arrière de leur véhicule, ronds-points géants à six files rappelant la place de l’Étoile parisienne — mais avec une circulation encore plus indisciplinée —, ils crurent vingt fois leur dernière heure arrivée dans ce ferraillage de carrosseries alambiquées. Contre toute attente, ils se présentèrent à la réception du « Almirantes, 14 », sains de corps sinon d’esprit, et soupirant d’aise ouvertement. 

Il était prévu que l’accession à leur chambre ne se fît qu’aux environs de quinze heures. Or, ces cinq étoiles se font une gloire d’exaucer les souhaits les plus anodins comme les plus extraordinaires. Ainsi, le couple, aussi épuisé que ravi, put-il prendre possession, bien avant l’heure, d’une suite junior au décor minimaliste, aux teintes terre de Sienne, et au plafond orné d’une monumentale fresque, évocatrice d’une église Renaissance. 

Juliette, se haussant sur la pointe des pieds, enlaça le cou de son mari : « Tu m’as gâtée mon chéri ! Quelle merveille ! » 

¡ Besame mucho, Marco !  

Si le propre de l’homme amoureux de sa femme consiste à être comblé par le bonheur de celle-ci, on peut dire que Marco avait coché toutes les bonnes cases. L’ancienne résidence du « Marqués », outre l’esthétique irréprochable de ses chambres, recelait des trésors en son bas-ventre : des restes de mosaïques romaines et des fondations datant de l’époque de l’occupation arabe, du milieu du XIIe siècle, préservés au sein de la salle de restaurant et aptes à charmer des hôtes férus d’antiquités. Juliette s’était promis d’aller les voir, plus tard. 

Pour l’instant, émoustillée, éprise comme au premier jour du monde, ou presque, l’adorable créature afficha un sourire coquin. Ses lèvres vermeilles s’entrouvrirent, quand elle se déshabilla devant son conjoint, sûre de son effet. La lumière du jour, filtrée par les voilages, la nimba d’une auréole. Ses cheveux blonds rutilaient comme mille anciennes pesetas d’or. Marco déglutit. Oui, sa Juliette était la beauté personnifiée. Elle méritait tout, et surtout le meilleur de lui-même. Par quelle divagation stupide pouvait-il parfois oublier de se dévouer à sa princesse, pour se consacrer à des priorités qui n’en étaient pas ? Comment concevoir que le récipiendaire d’un tel trésor, le privilégié majuscule s’égarât dans des futilités sans nom au lieu de se gorger de la chance insigne qui lui était accordée ? 

D’une démarche nonchalante, non sans lancer une gracieuse invitation de la tête à son conjoint subjugué, Juliette gagna la salle de bains. La première intention de Marco fut de balancer en vrac polo, baskets et jean, puis il se ravisa, se rappelant que seule comptait la satisfaction de sa femme, y compris dans une perspective purement matérielle. Il déposa en ordre, presque militaire, ses vêtements sur un fauteuil, les chaussures alignées au pied de celui-ci. À leur retour à Marseille, il s’attaquerait à son capharnaüm, terroriserait les mauvaises herbes rétives, traquerait le linge sale dans les recoins les plus traîtres. À cette heure où un désir houleux chamboulait son être, à l’aune de l’amour enragé qu’il projetait sur son épouse, il aurait même accepté de se transformer en lavandière, si l’objet de son idolâtrie en avait exprimé la volonté. 

Agua y fuego, ancrages langoureux 

Alors qu’il franchissait le seuil de la salle d’eau, un mât explicite pointa hors de son entrejambe, autonome et flatteur, rendant hommage au corps de la femme de ses rêves. L’eau ruisselait en riant sur les épaules de la naïade, l’échine, et rigolait sur ses pommes d’amour. 

En entrant dans la vaste douche à l’italienne, Marco résista, tant bien que mal, au besoin d’éperonner le fessier présenté, sans préambule aucun ; maîtrisant son mât de beaupré, il se contenta de le polir contre la soyeuse carène de chair. 

Ses mains, gabiers experts, explorèrent le pont lustré de sa compagne, effleurant les haubans tendus de ses bras. Le souffle rauque et mâle, annonciateur d’une tempête naissante, gonflait les voiles de leurs désirs, tandis que les paumes traçaient la ligne de flottaison des hanches, dérivant vers la poupe offerte. 

L’intrépide corsaire, sûr de sa manœuvre, fit glisser son étrave contre la coque lisse de son amante, sentant la chaleur de la cale irriguer ses terminaisons nerveuses. Les gouttes d’eau clapotaient sur les corps amarrés l’un à l’autre. Juliette, d’une main résolue, conduisit l’espar dressé, le pressant contre l’écoutille entrouverte, tandis que les lèvres de cet Ulysse retrouvant Pénélope après une errance aussi longue qu’aride, dévalaient la nuque de sa femme, crique appelant les cajoleries les plus douces. 

Les deux embarcations se mirent à danser, prises dans la houle d’une mer intérieure, larguant les amarres vers le grand large. Parvenu en haute mer, le mât, fébrilement, s’enhardit à sonder les profondeurs, plongeant dans la cale veloutée d’où surgissent les maelstroms orgasmiques. Juliette répondit par un roulis sensuel, accentuant le tangage, la proue heurtant la poupe en cadence, jusqu’à ce que la carène tout entière vibre sous l’assaut. 

Leurs mains, cordages vivants, s’agrippaient, se nouaient, cherchant l’ancre de l’autre dans le voluptueux courant. Enfin, dans un dernier ressac, ils atteignirent ensemble le port du ravissement, chavirant, à l’unisson, dans l’assouvissement libérateur. L’écume de leur extase, se mêlant à l’eau, dévala l’intérieur de leurs cuisses. 

Essoufflés, encore enlacés sous l’ondée tiède, ils restèrent, un instant, immobiles, bercés par le clapotis régulier tambourinant sur la céramique, pour une étreinte qu’ils auraient souhaité ne devoir jamais finir. Les regards, moussaillons ayant survécu à une traversée particulièrement tumultueuse, se croisèrent, liés, complices. 

Cependant, leur corps, toujours frétillant, malgré l’équipée sauvage à laquelle ils venaient de le livrer, réclamait d’autres abordages lascifs. 

Le pêcheur taquina tendrement la nuque de sa pécheresse, effleurant la ligne de son épaule, et murmura quelques mots, autant de promesses d’une odyssée d’étreintes, de caresses, qui se poursuivraient dans l’escale douillette du lit, immense vaisseau propice à de renouvelées expéditions langoureuses.   

Ils quittèrent la douche main dans la main, laissant derrière eux les traces invisibles du périple partagé, unis par la certitude de s’être rendus au-delà de l’horizon, submergés par l’intuition qu’aucun océan ne serait trop vaste, aucun port trop lointain, aucun ouragan trop impétueux, tant qu’ils navigueraient à deux sur le fluet esquif de la vie conjugale. 

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Ondes langoureuses - Désir- Éditions

Rejoindre le chapitre 9 : Une nuit valencienne : amour, histoire et destin 

Disponible jeudi 31 juillet 

Valencia, une chambre de l’hôtel Caro. Jeudi, aux environs de vingt-deux heures. 

El Campeador, le héros de Valencia 

Les frisottis blonds chatouillaient la peau sous la barbe d’une journée. Marco contemplait l’ange, main tendue, comme cherchant à attraper les oiseaux flirtant avec les nuages, peint au plafond de leur chambre. Des lèvres masculines s’échappèrent des vers appartenant à la mémoire universelle. 

— Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort  

Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port, 

Tant, à nous voir marcher avec un tel visage, 

Les plus épouvantés reprenaient de courage !  

— Depuis quand cites-tu Corneille ? 

Marco n’était pas un mordu de la littérature. Le mariage des uns et les zéros formait la majeure partie de sa vision du monde. Son âme, toutefois, intrinsèquement fécondée de poésie, et formatée par une filière classique, tout du moins jusqu’à son baccalauréat, exprimait, en de rares occasions, un lyrisme inattendu. 

Ses paupières se fermèrent et leur propriétaire en appela au motif qui avaient causé cet accès enflammé. 

— Je suppose que c’est la promenade de cet après-midi qui a fait ressurgir ces vers. J’imagine que tu savais que c’est ici que le Cid a vécu ses dernières années ? 

Juliette se redressa, quittant le confortable enlacement, s’assit en tailleur sur le moelleux édredon. 

… 

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