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Souvenirs d’une Vie, le premier chapitre de l’histoire courte Troisième Mi-Temps, à lire et/ou à écouter gratuitement

Une sensualité « Hot » Couture, écrite et lue par Anarelle. 

Femme en costume noir, arrière-plan lumineux.

Au cours du prologue, vous avez pu découvrir Clara plongée au cœur d’une expérience sensorielle intense alors qu’elle écoutait un vocal envoyé par un mystérieux correspondant, s’abandonnant à des suggestions murmurées dans un lieu public, comme hypnotisée par une voix masculine. 

Dans ce chapitre, elle évoque les souvenirs d’une vie conjugale en demi-teinte, le départ dans des circonstances quelque peu rocambolesques de son mari. Des touches d’humour et d’ironie parsèment ce récit de la vie quotidienne d’une femme, d’une entrepreneuse, d’une épouse, d’une mère, dont le destin ordinaire va bientôt basculer. 

Avertissement : Si vous êtes allergique à l’un ou plusieurs de ces ingrédients — propos sexuels, tranche de vie, femme de plus de quarante ans, psychologie et intimité —, nous vous déconseillons la consultation de ce texte.  

 ****** 

C’était il y a un an, tout juste un an. 

À l’instar du cirrus que j’observais s’effilocher dans un ciel limpide de septembre, la fin de ce dimanche après-midi s’étirait doucement.  

Le bleu azur couronnait à l’infini ma petite ville, située à une heure et demie de route de la cité si chère à Claude Nougaro.   

J’avais accepté l’invitation au traditionnel repas dominical qui marque le terme des festivités estivales.  

C’est une célébration sacrée pour notre groupe d’amis, unis depuis le lycée. Toutefois, la coutume avait été rompue. 

En tout cas pour moi. 

Pour la première fois depuis vingt ans, Jean n’était pas à mes côtés. 

Il avait levé l’ancre, accompagné de sa toute nouvelle fiancée, vers des horizons qu’elle jugeait plus civilisés.  

Un mois plus tôt, d’un ton prétentieux inédit, il m’avait annoncé leur déménagement prochain. 

« Tu comprends, Clara, il n’y a aucun magasin Lujo à moins de 100 kilomètres, impossible pour Julie de s’habiller décemment. J’ai donc acquis… » 

C’est pile-poil à partir de ce fragment de son monologue que j’avais cessé d’écouter celui qui avait été mon conjoint pendant dix-huit ans, remarquant qu’il venait d’ajouter l’arrogance à une liste de défauts déjà bien fournie. 

Je tournai les talons sans vouloir entendre la suite, sans plus vouloir y penser et pourtant… 

Cette conversation m’avait laissée songeuse, me demandant, comme je suppose la majorité des épouses trompées, puis quittées, ce qu’elle avait de plus que moi.  

Et cette question me taraudait, tandis que je m’abîmais dans la contemplation du duvet blanc qui errait dans le ciel limpide. 

Je m’interrogeais sur ce que cette bimbo, de quinze ans ma cadette, plus souris des villes que des champs, aurait bien pu porter comme vêtement si elle avait été assise à ma place, au milieu de mes potes.  

Sur la table gisaient plateaux et assiettes dégarnis, cadavres honorés des agapes qui avaient commencé, bien plus tôt dans la matinée, par un monstrueux apéritif. 

J’écoutais les conversations de mes copains de toujours, sans y prêter attention. 

Je m’étais retirée, mise un peu à l’écart. 

J’avais repoussé ma chaise, pour prendre mes aises, et étendu mes jambes dénudées. 

Nez en l’air, narine aux aguets, je humais le vent du ponant qui apportait une fraîcheur salutaire.  

Je me souviens que ce dimanche-là, j’avais opté pour une robe champêtre, au col rond, au décolleté sage, se fermant par des boutons. 

Je revois encore les coquelicots pastel, évoquant les aquarelles de l’artiste barcelonaise Ursula Schichan, imprimés sur son léger tissu. 

J’avais ôté mes chères espadrilles dorées à semelles compensées, également dénichées dans une boutique du quartier gothique de la capitale catalane. 

Les brins d’herbe chatouillaient mes doigts de pieds.  

Survint alors cette question : Pourquoi avoir choisi ces reliques d’un temps révolu ? Ces symboles d’une histoire rompue.  

Par nostalgie, c’est certain, n’arrivant pas à dénouer le lien d’un passé dont les griffes me torturaient. 

Je m’étais légèrement maquillée. 

J’avais, au moins, fait cet effort : un trait de crayon marron pour illuminer mon regard et un coup de brosse de mascara afin de l’agrandir.  

Autant d’artifices indispensables si je voulais éviter, à mon âge et suite à cette séparation éprouvante, de ressembler à un cocker anglais implorant qu’on lui servît sa pitance. 

Mes cheveux étaient noués en un chignon lâche qui menaçait de s’effondrer, à l’image de mon moral. 

Pour être honnête, je redoutais les réactions de mes amis, toutes ces questions qui remuent le couteau dans la plaie. J’avais donc tenté de me faufiler entre les mailles de leur apitoiement sur ma nouvelle condition de célibataire, en leur présentant « bonne figure ». 

J’avais sans doute présumé de mes forces. 

Franchement, il faut être atteinte de masochisme aigu pour voir le bonheur des autres s’étaler, que dis-je, se vautrer devant ses yeux, alors que le vôtre s’est enfui sans crier gare. 

Huit mois auparavant, mon conjoint m’avait mise devant le fait accompli. 

Alors que je rentrais d’une journée harassante passée au cabinet — je suis ostéopathe — il m’attendait dans notre salon et m’informa, de but en blanc, blême et nerveux, qu’il me quittait, après presque vingt ans de vie commune. 

Par Toutatis, le ciel m’était tombé sur la tête. J’avais bien senti la distance qui s’était installée entre nous, mais j’étais loin d’imaginer que… 

De fait, abasourdie par la claque de la nouvelle, j’étais plus proche de l’état du soldat romain que de celui du vaillant gaulois Astérix.  

Et hélas, je n’avais aucune potion magique à ma disposition.   

Le sac de Jean était déjà prêt, posé à côté de la porte d’entrée, prêt à s’envoler avec lui. 

Il se sauva comme un voleur, emportant mon palpitant, ou plutôt le laissant dévasté, brisé, au pied de ce qui avait été et ne serait plus.  

Quelque temps après la bourrasque paternelle qui avait déraciné notre quotidien, Arthur, notre fils, qui allait passer son bac, m’avait balancé une sentence implacable :  

« Les divorces, c’est la règle de nos jours, pas une exception ! », avant d’ajouter, regard en coin : « Et puis tu sais, mom’, ça devait t’arriver, t’es pas assez fun ! » 

Je lui aurais bien collé une baffe à mon gamin, mais peut-être qu’il avait en partie raison. 

Mais comment être fun quand on est attifé d’une double toque, celles de chef cuistot et de marmiton ? 

Mes journées m’évoquaient l’élaboration d’une recette complexe, apparemment composée de tant d’ingrédients si difficilement conciliables : patients, amis, mari et mon ado. Ce dernier était le mets le plus délicat à accommoder. 

En bref, une existence de femme, tour à tour et tout à la fois : entrepreneuse, épouse et mère !  

Et Jean ? À quoi se consacrait-il pendant ce temps ? Eh bien, Jean se dédiait presque uniquement à sa priorité : sa petite personne. 

Autant vous dire que les quatre premiers mois, je voguais sur une mer démontée, ballottée entre nausées et tempêtes intérieures, déboussolée, errant dans le triangle des Bermudes d’une vie à la dérive. 

Puis, passé le choc initial, mon quotidien s’organisa sans mon ex, et progressivement, je découvris quelques avantages à cette rupture, notamment le fait d’avoir un minot de moins à charge. 

Au bout d’un semestre à panser ma brûlure au troisième degré, aiguillonnée par les conseils qui se voulaient bienveillants de quelques amies proches, je m’étais résolue à tenter des rencontres via des sites de dating. 

Celles-ci ne dépassèrent pas le stade du préambule et n’atteignirent jamais celui des préliminaires. 

En réalité, ma libido pointait aux abonnés absents et je n’étais pas si pressée de retrouver un compagnon, fût-ce pour une soirée. 

Pour tout vous dire, ma vie sexuelle et amoureuse, aussi calme qu’une mer d’huile, me convenait. Un pli à prendre dans un quotidien où la moindre fantaisie relevait de la pure hypothèse.  

Du moins c’est ce que je pensais, à cette époque. 

Je songeais, quand même, à me procurer un fournisseur de câlins. Non pas un sex-friend à deux pattes, plutôt un du genre à quatre. 

Un Garfield, rond, roux, moelleux qui, lui, au moins, saurait combler mes besoins affectifs. 

Mais de lendemain en lendemain, je repoussais ce projet.  

Je n’étais pas prête à m’occuper d’un autre égoïste qui, en plus, perdrait ses poils partout. 

Au moins, Jean avait la décence de laisser les traces de son rasage quotidien, dans le lavabo. 

Et ce dimanche-là, aux environs de dix-huit heures, posée sur une chaise, au milieu de mes amis et des restes d’un festin typique périgourdin, contemplant cet unique cirrus qui s’étirait à l’infini, assistant à sa dispersion programmée, l’associant à ma situation, je songeais que je n’avais plus d’appétit pour rien et que bientôt je me dissoudrais à mon tour, dans le grand infini.  

Je me voyais déjà rentrer dans un appartement vide, Arthur étant chez son père.   

Je me disais que je pourrais lire pour me changer les idées.  

La question était : que lire ? 

Avant le départ de Jean, j’avais tendance à trouver l’évasion dans des romances, des « mommy-porn ». 

J’en avais perdu le goût, après, ne croyant plus aux histoires d’amour toujours.  

Mes divagations galopaient sans queue ni tête, et, tout d’un coup, elles furent stoppées net. 

Je ressentis une vibration intense sur le haut de la cuisse, qui se transmit à mon entrejambe, mon pubis. Prestement, je plongeai ma main dans ma poche et j’en sortis mon smartphone.  

****** 

Histoire à suivre, le chapitre 2 : Une Prune pour ta Pomme, sera bientôt disponible en lecture et écoute gratuite.  

Afin de meubler agréablement votre attente, nous vous invitons à flâner à travers nos rubriques, vous y rencontrerez des missives tendres, des notes épicées, ou des écrits dédiés à la littérature française sensuelle. 

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Au gré de ces lieux, vous découvrirez les œuvres de nos plumes résidentes, agrémentées de clichés glamour, d’illustrations suggestives, de mélodies sexy pour accompagner vos moments de rêverie et d’une multitude d’autres surprises… 

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2 commentaires sur “Souvenirs d’une Vie, le premier chapitre de l’histoire courte Troisième Mi-Temps, à lire et/ou à écouter gratuitement”

  1. La description de ce que l’on ressent lors d’une séparation est tellement vrai, ce que la femme ressent nous les hommes le ressentons de la même manière. Un texte joliment écrit, la lecture mets des images plein la tête aux lecteurs et donne envie d’aller plus loin.

  2. Agréable lecture, j ai souri même, bon en attendant de découvrir ce qui va la surprendre , je vais patienter en visitant ces lieux , et éveiller mon imagination…….. !!!

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