Une lecture offerte par Denis Mursault, pour vous faire goûter les saveurs de cette œuvre disponible exclusivement dans l’espace acquisition, en achat unique chez Désir Éditions. Découvrez le profil de cet auteur, qui, après nous avoir offert un billet décapant intitulé « Les Romances de Noël à la télévision : plaisir innocent ou attrape-nigaud(e) », rejoint désormais le collectif des auteurs solidaires et collaboratifs.
Résumé de l’ouvrage : un terrain de jeu sauvage où se déroule une traque inédite
Dans un futur proche, sur Siremta, une île isolée de l’océan indien, une émission de télé-réalité d’un genre nouveau met en présence deux équipes de femmes et un groupe d’hommes en liberté provisoire. Vera Omphale, sous-directrice des programmes de la chaîne ainsi que productrice exécutive, y orchestre un spectacle promouvant passion, lutte pour le pouvoir et affrontements biaisés. Ruses, alliances fragiles, séduction perverse et volonté d’emprise s’entrechoquent en un huis clos sauvage. Chaque participant, qu’il soit masculin ou féminin, est téléguidé, dans ce jeu où les règles sont dictées par celle qui règne sans partage.
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« La dernière astuce du malin, c’est d’être une diablesse » Denis Mursault

« Quand le soleil basculait, la nuit tombait sur l’île comme un éteignoir, et les abris bruissaient d’angoisse sous les étoiles lointaines. », « Sa majesté des mouches », William Golding.
Océan Indien, dans un futur pas si lointain, décor luxuriant. Une lueur solaire mourante teinte encore la canopée. Le labyrinthe vert déverse sa touffeur de serre sur un fugitif corpulent. Le bonhomme se débat furieusement dans l’enchevêtrement forestier qui l’étreint, bouscule les taillis à la manière d’un phacochère poursuivi par des fauves.
Son costume, si inapproprié à ces lieux farouches, est entaillé par de profondes zébrures. Ses petits yeux chassieux témoignent d’une indicible épouvante. Il s’essouffle, étouffe, ahane, renforçant ainsi son animalité quelque peu porcine. Ses lunettes, déjà éprouvées, finissent dans un trou d’eau croupie.
Une lampe-torche puissante balaye le secteur. Le fuyard trébuche à plusieurs reprises, s’érafle l’avant-bras contre une branche brisée. Il apparaît rapidement qu’il est inapte à la survie en un tel environnement. Pourtant, il se démène encore, brûlant ce qui lui reste d’ardeur dans un rush désespéré, chaque enjambée lui coûtant plus que la précédente.
Il entend des jappements, genre basset hound, comme dans une chasse à courre. Un délire ? Vraiment ? Son regard est désormais celui d’un lièvre pris dans un faisceau lumineux.
Le rideau végétal se déchire alors dans un froissement létal.
« Divisons la société en deux classes : les charlatans qui vendent, et les paysans qui achètent. » Xavier Forneret.
Europe, un an plus tôt.
L’ascenseur expulse les nouveaux venus à l’avant-dernier étage de la tour. Tout indique ici une entreprise dévolue au divertissement. Plus précisément, ce sont les bureaux d’un groupe télévisuel important. En cet endroit se croisent aussi bien des chefs de projet, des secrétaires, des comptables, des juristes, des scribouillards, ou même, parfois, des acteurs.
Des cravatés affairés bourdonnent sur tous les paliers. L’immeuble est une ruche géante, et les bureaux à fenêtres hexagonales sont ses alvéoles.
La fréquentation de ce neuvième étage reste toutefois raisonnable. C’est là chose connue : plus on approche du ciel, plus l’oxygène se raréfie pour le commun des mortels. Cette loi physique génère une diminution drastique des allées-venues. Les cadors, dans leur tour d’ivoire, monopolisent les places en altitude.
Au fond du couloir principal : une porte.
Sur la porte : une plaque.
Sur la plaque : une mention.
La mention : DIRECTEUR DES PROGRAMMES.
Autant dire que celui qui occupe cette pièce est un personnage substantiel, un mammouth.
Lunettes d’écailles sur une hure aplatie, adipeux et majestueux, Sidney Streegteen trône à son bureau. La réussite a jeté ses stigmates sur lui et il les a pris en pleine face : il est boudiné, autosatisfait, conscient de son volume professionnel et financier. Il est vrai qu’émarger à vingt mille par mois, ça vous pose un bonhomme.
En face de lui, dans un fauteuil d’un mauvais goût parfait, un jeune cadre dynamique, les cheveux perclus de gel, nippé comme un croque-mort, et chaussé, pour faire bon poids, de souliers pointus et luisants.
Dans l’autre, une femme élégante, portant tailleur, une « early » quadra. Se dégage d’elle une assurance folle, celle que donne un potentiel de séduction assumé et reconnu.
Le gominé s’enthousiasme :
— Un programme de télé-réalité ! Du jamais vu !
Il en faut plus pour déstabiliser le considérable directeur.
— Étonnez-moi, Mark. Tout a déjà été fait.
— Des femmes qui traquent des hommes…
— Je vous demande pardon ?
— Des femmes qui traquent des hommes…
— J’entends bien, mais quel sens portez-vous à cette expression ? Des croqueuses de diamant ? Des michetonneuses ?
— Qui traquent des hommes au sens propre. Sur un périmètre donné. Une île serait l’idéal.
— Comme du gibier ? Vous plaisantez ?
Vera1 Omphale, sourire engageant bien que complètement artificiel, agite alors ses courbes plantureuses, son chemisier offensif, et capte la parole.
— Au contraire, nous sommes dans l’air du temps. Depuis la vague de féminisme qui a déferlé sur la planète, dans les pays occidentaux s’entend, nous avons basculé sur une idée de la supériorité du beau sexe sur le sexe jadis appelé fort. Le public, femmes et hommes confondus, a intégré cette inversion des rôles — certain(e)s en raffolent —, et il ne se passe pas une heure sans que les réseaux sociaux ne s’émeuvent au prétexte d’un comportement prétendument machiste ou misogyne, malgré la raréfaction de ce style d’attitude, ou peut-être à cause d’elle. Ça pousse des cris d’orfraie à tout va. Pas compliqué de surfer là-dessus. Un jour, il y aura un ras-le-bol de cette tendance, mais ça n’est pas pour tout de suite.
Le jeune gommeux abonde :
— Ça s’inscrit dans une propension entrevue depuis longtemps dans les épisodes de télé-réalité. Vous n’avez jamais vu ces dadais bodybuildés se faire tout petits sous les réprimandes hystériques de leur compagne officielle respective ? Alors qu’ils auraient pu leur briser un bras sans effort…
Le responsable hoche la tête en souriant :
— Un concept dans le style des « chasses du Comte Zaroff », donc ? J’espère que vous n’ambitionnez pas de faire abattre les candidats à coups de flèches ?
La sous-directrice ouvre délicatement ses mains pour signifier qu’elle a saisi l’ironie. Sidney Streegteen ne sait, des gracieux ondoiements, de la sophistication racée ou du ton fermement mélodieux ce qui le captive le plus. Personne dans l’entreprise ne méconnaît ce principe : tout projet porté par Vera Omphale sera validé par le boss. Elle glisse :
— Ni avec des armes à feu, comme dans « le prix du danger » ? Ce serait délicieux, mais je crains que notre époque, pour décadente qu’elle soit, ne nous permette pas d’aller aussi loin. Toutefois, je pense que le public se montrerait réceptif à quelques brutalités, dosées, évidemment.
— C’est une idée, consent son supérieur, il faut donner aux spectateurs ce qu’ils attendent. Néanmoins, il faut aussi le surprendre, et l’allécher. Avez-vous du bien vicieux en magasin ? En quoi consisterait cette traque ?
Vera Omphale reproduit son sourire construit, devenu naturel à force d’utilisation.
— Très bien. Maintenant, nous allons quelque part. L’affaire s’organise autour de cinq axes.
Elle s’empare de son smartphone, pianote. Sidney ne l’a pas quittée des yeux, à croire que Mark n’existe plus. Après un énième sourire ravissant, elle énumère :
— Deux équipes féminines.
— Un camp d’emprisonnement commun, filmé, naturellement.
— Possibilité pour les geôlières de frayer avec les prisonniers à leur convenance.
— Vote des téléspectateurs pour gracier un captif. Primordial, évidemment. Il faut donner à ces moutons l’illusion de la participation, sans compter la recette relative aux appels du numéro surtaxé. De toute façon, c’est nous qui influerons sur leur choix par une sélection rigoureuse des images. Ils voteront pour l’objet de nos vœux.
— Les prisonniers qui n’auront pas la bonne fortune d’être choyés par le public resteront incarcérés jusqu’à la fin du jeu. Me vient une idée, à ce sujet. Ils pourraient être utilisés comme rabatteurs. Après tout, leur hâte sera que la session se finisse. L’intérêt du camp d’internement, c’est bien sûr le huis clos, un peu plus disciplinaire — regard malicieux — que dans d’autres émissions de télé-réalité, pimenté ici par la chasse préalable.
Mark prend la suite, pour rappeler son existence, en agitant une liasse qu’il vient de sortir de sa serviette.
— Je me suis permis, Monsieur, de commander un sondage, réalisé sur un millier de téléspectatrices représentatives de diverses professions et activités, dans une fourchette d’âge allant de 16 à 75 ans. Les résultats sont éloquents. Pas un plébiscite, mais une écrasante majorité. 79 % des sondées envisagent de suivre une émission développant ce concept. Trois quarts d’entre elles se montrent même extrêmement motivées. 12 % se déclarent non intéressées, voire défavorables. Restent les habituelles sans opinion qui complètent le tableau.
Le directeur tapote dans ses mains, l’air dubitatif.
— Aucun homme n’a été sondé ?
Vera croise ses superbes jambes.
— Franchement, à quoi bon ? Nous savons tous qui est devenu décisionnaire dans les foyers. Et 79 %, c’est énorme.
Sidney cligne des yeux en signe d’assentiment.
— Je confirme qu’il s’agit là de chiffres très encourageants. Mais, comment trouver des volontaires ? Le principe, plutôt saumâtre, risque d’en décourager plus d’un.
Mark reprend la main :
— La récompense finale, un gros paquet… Il y aura toujours des désespérés pour tenter l’aventure. Vous pourriez être surpris par le nombre de candidatures. Le dernier à rester en liberté touchera le pactole. C’est tentant. Après tout, ils ne risqueront pas leur vie. Un mauvais moment à passer, ça n’est pas les jeux du cirque, quand même ! De plus, nous blinderons les contrats, pour qu’ils ne puissent pas se retourner contre nous a posteriori.
— Et pour les candidates ?
La quadragénaire laisse échapper un claquement de langue directif.
— Facile. L’équipe qui aura emprisonné la majorité des mâles le plus rapidement se partagera la prime. Il va falloir refuser du monde. On peut aussi récompenser les chasseresses en fonction du nombre de captures effectuées individuellement, ce qui risque de créer des dissensions dans le groupe des chasseuses, mais n’est-ce pas ce que nous recherchons ? Un bon conflit est générateur d’audience. S’il y a bien une chose que nous ont apprise ces émissions imbéciles, c’est celle-là.
— Ça peut prendre, conclut Sidney Streegteen.
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Rejoindre le chapitre 2 : Cynisme sur l’oreiller
(Disponible jeudi 8 octobre)
« Cynisme : Mépris effronté des convenances et de l’opinion qui pousse à exprimer sans ménagement des principes contraires à la morale, à la norme sociale. » Larousse.
Glissant sur un revêtement bitumé, sans que ses roues aient l’air de tourner, la BM s’insère dans le parking souterrain d’un immeuble moderne, une taupinière pour nouveaux riches. Elle s’inscrit sur une place vacante du premier sous-sol.
Mark s’extrait de la berline, en fait le tour, ouvre la portière. Vera descend du véhicule avec souplesse.
Les sept étages sont avalés subrepticement par un ascenseur dernier cri. Les deux pénètrent dans un appartement de standing, ceint d’une baie vitrée panoramique.
Vera se laisse tomber onctueusement sur un sofa.
— Je suis vannée.
Un sourire charmeur sollicite Mark.
— Ôte-moi mes escarpins et mets-moi mes mules.
— Tu l’as prise au sérieux, cette histoire de supériorité féminine, on dirait.
— Oui, et pour tout te dire, j’adore ça… mais pas supériorité féminine dans le sens où tu l’entends. La frénésie qui prévaut sur les réseaux sociaux et dans les médias, très peu pour moi. Non, celle que je détiens sur toi, et, plus généralement, sur les représentants de la gent masculine. Après tout, tant que tu seras l’esclave de ton entrejambe, ce qui, à mon humble avis, n’est pas près de changer, tu feras mes quatre volontés. Je n’ai pas raison ?
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1 Orthographe anglaise, volontaire de la part de l’auteur.
Je suis tout à fait d’accord avec la manière dont sont présentées les émissions de téléréalité dans cette publication, et la manière dont les producteurs les manipulent à leur guise, afin de faire un maximum d’audience et donc d’argent.
Surtout le public qui vote et dépense son argent en numéros de téléphones surtaxés. Il croit avoir la main sur les idées, mais il est habilement orienté en fonction des buts des patrons des émissions et de la publicité.
En effet, depuis la première émission de téléréalité « Loft Story », qui, cela dit, n’aurait jamais eu l’audience qu’elle a eue si Louana n’avait pas fait des galipettes dans la piscine. D’un coup, tout le monde n’a parlé que de ça et s’est mis à regarder cette émission en espérant être aux premières loges au cas où cela se reproduirait. Je me souviens avoir été traité d’extraterrestre par des collègues de travail parce que je ne regardais pas cette émission.
Les personnes qui sont dans ces émissions sont toutes plus creuses les unes que les autres. Les femmes sont d’une grossièreté et d’une bêtise affligeantes, n’hésitant pas à se montrer sous leurs plus mauvais jours. Elles n’ont aucune limite et sont prêtes à n’importe quoi uniquement pour passer à la télévision afin de soi-disant devenir célèbres — célébrité douteuse — ou de gagner un peu d’argent, le « peu » étant une comparaison avec le jackpot que remportent les producteurs et les chaînes de TV. Les hommes ne valent pas mieux : ce sont des veaux grossiers, des petits coqs, qui braillent que c’est injuste ce que les femmes font et disent, mais ils se laissent insulter, tourner en dérision et en rajoutent avec des attitudes dignes des plus bas instincts.
On dirait que le jour de la distribution de l’intelligence, après leur naissance, ils étaient absents. Et ce n’est pas un cri de macho de ma part afin de démolir les femmes, car, comme je l’ai dit, les hommes sont sur le même plan.
Bonjour, Patout, et d’abord, merci de votre visite et de votre commentaire.
Je partage, cela va sans dire, votre avis sur les émissions de télé-réalité, la stigmatisation de celles-ci étant, d’ailleurs, la thématique majeure développée dans « La loi de Vera »
Et je me retrouve tout autant dans vos propos relatifs à « Loft Story », pour avoir connu, à l’époque de la sortie de cette escroquerie, semblables débats avec mon entourage ( familial plus que professionnel) quant à l’intérêt très relatif de ces programmes prémâchés et vides.
Et si on vous a qualifié d’extraterrestre, sachez que le terme de « terrorisme intellectuel » avait alors revêtu mes efforts d’explication de texte. 🙂
Comme s’il était nécessaire de faire de l’élitisme culturel pour ne pas apprécier les discussions, du niveau d’une cour de récréation, entreprises par une 15aine de quidams sans talent particulier dans un espace clos, et donc propre à engendrer des conflits ( c’est là son but initial).
À mon étonnement qu’on puisse se divertir au visionnage de tels programmes, je m’entendais répondre : « Ça détend »
Ah bon ? Voir trois pékins se critiquer h24, avec la richesse lexicale d’un élève de CM1 ça détend ?
Il n’y avait pourtant pas besoin de sortir de polytechnique pour percevoir la vacuité de l’ensemble.
Quant à la transgression artificielle de la scène de la piscine, sans commentaire.
Que sont devenus, du reste, les malheureux candidats qu’on avait jetés en pâture au public, et auxquels on avait fait miroiter je ne sais quoi, dépassés qu’ils furent par une célébrité aussi imméritée que momentanée ? Des dépressifs? Des aigris ? Des has been cherchant à se raccrocher aux branches ?
Alors, oui, les mentalités ont qq peu évolué, notamment en raison de la floraison depuis vingt ans de ces programmes, qui a fini par provoquer des indigestions chez certains, à force de redondances. Pour autant, de nombreuses chaînes continuent de produire et de diffuser des émissions de ce type, ce qui tend à prouver le maintien de leur rentabilité ( en raison de faibles coûts de production ?).
Pour ce qui est de l’attitude des candidats qui se laissent insulter ou crient à l’injustice, je cautionne là encore votre coup d’œil, plusieurs chapitres de « La loi… » en faisant état et même s’appuyant dessus.
J’ai vu naguère, horrifié, l’interview d’une productrice d’une unité de ces programmes. L’invitée se rengorgeait quant au succès du concept qu’elle avait fait mettre en place, avec une impudeur qui tutoyait l’inconscience. En réalité, il sautait aux yeux que le seul critère d’évaluation était l’audimat. La qualité du contenu n’avait aucune espèce d’importance. Pour le coup, je ne suis même pas sûr qu’elle ait été cynique, tant elle donnait l’impression de croire au bien-fondé de sa merveille.
Au plaisir de rediscuter avec vous.
DM
DM, bonjour,
Je viens de prendre connaissance de votre réponse. Étant à la retraite, je suis pas mal « occupé », comme tous les retraités. Vous aussi avez subi le courroux de vos interlocuteurs, voire pire, celui de votre famille — je le déplore — parce que vous ne disiez que la vérité, ce qui n’est qu’une évidence. Pour ma part, ma famille était du même avis, donc je n’ai pas eu ce problème. Quant aux critiques de mes anciens collègues de travail, elles ne m’ont pas touché le moins du monde ; au contraire, cela m’a permis de me faire une opinion plus affinée d’eux.
Cependant, j’ai l’impression qu’il n’y a pas que l’audimat qui compte, bien que ce dernier soit capital dans le choix de ce genre d’émissions de télévision. J’ai le sentiment que nous sommes revenus aux temps de la Rome antique avec ses jeux du cirque. Leurs équivalents modernes seraient le football ou les jeux de type « Koh-Lanta » ou « Ninja Warrior », présentés comme le dépassement ultime de soi, alors qu’ils ne sont qu’un prétexte pour créer la zizanie et l’abêtissement entre les participants et les supporters des uns ou des autres.
Les télé-réalités sont également l’équivalent des débats stériles du Sénat romain, dont les membres n’avaient aucun pouvoir décisionnaire, puisque c’était César qui prenait la décision finale, afin de diviser pour mieux régner et faire passer les idées d’un seul.
En ce qui concerne les participants, hommes ou femmes, ce qui leur arrive de nos jours après leur passage et leur courte célébrité ne m’intéresse pas. En effet, comment plaindre ces personnes, alors que depuis des années ils savent que leur célébrité ne sera qu’un feu de paille très vite oublié ? Ils y vont en toute connaissance de cause, donc il n’y a pas lieu de les plaindre. Par contre, ils feraient mieux de se préoccuper de l’image déplorable qu’ils laissent.
Bon, je vais me plonger dans la suite.
Au plaisir de vous lire.
Patout
Bonjour, Patout, et merci de nourrir le débat.
Vous soulignez à juste titre le caractère « panem et circemses » des émissions de téléréalité, ce qui tendrait à dire que rien n’a changé en plusieurs millénaires, ou, a minima, que nous sommes de retour dans un cycle existant déjà en des temps antiques.
Et si ces émissions n’en sont pas encore revenues au stade des jeux du cirque, cela ne les empêche pas de s’appuyer sur certains principes, parmi lesquels la création du conflit et son entretien constituent une des armatures principales.
En gros, la démarche consiste à flatter les mauvais instincts, à exhumer la part sombre du spectateur. Alors, il ne s’agit pas uniquement de noyer la masse dans l’ineptie pour une recherche intrinsèque du pouvoir, mais de faire du profit, dans le plus pur esprit mercantile. Cependant, au bout du compte, n’est-ce pas la même chose ?
Au plaisir de vous lire,
DM