En bref :
En quelques points d’intérêt
Résumé : Une exploration, douce-amère teintée d’humour, d’une relation maritale à l’ombre d’un macho, des réflexions sexistes ordinaires et du concept du « male gaze » [1] et de « l’objectivation » en « Papacratie ». [2]
Ce billet, autobiographique, retrace les combats au quotidien qu’a dû mener Anarelle pour s’imposer en tant que personne à part entière, et non comme citoyenne de seconde zone ou simple objet sexuel, à travers des anecdotes révélatrices et authentiques.
Vous pourrez écouter une illustration musicale entraînante, drôle, « M’Lover », sorte de point d’orgue mélodique du parcours d’une femme de la génération X, de ses liaisons intimes marquées par la domination masculine à son éveil féministe et sa quête d’émancipation.
Et découvrir un passage inédit, aussi navrant qu’édifiant, d’un roman à venir, sur les visions patriarcales de certains libertins.
Ne manquez pas les réflexions, parfois incisives, nées de faits réels, au sujet du sexisme ordinaire et de la nécessité de lutter pour l’égalité des genres.
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Une voix féminine face aux défis paritaires
Chanson Humour Mlover Anarelle Mister Salamander Desir Editions
Désir Éditions
M'Lover (2025)
Pour inaugurer notre contenu éditorial de mars, notre triumvirat, composé d’une femme et de deux hommes, a sélectionné comme chanson phare « M’Lover ». Les paroles ont été conçues par Anarelle, tandis que les arrangements vocaux et musicaux ont été élaborés par Mister Salamander.

Succédant à « Arte et Marte », « Par le Talent et le Combat », où notre autrice, libertine et libertaire, transmettait sa volonté d’émancipation face aux défis imposés par sa condition féminine à travers une allégorie rock aux accents épiques, cette nouvelle œuvre s’inscrit dans une démarche rendant compte de ce que peuvent être ces obstacles qui entravent l’idée d’égalité des sexes.
Ainsi, à l’occasion d’un mois dédié, dans nos espaces musicaux et littéraires, aux relations intergenres, aux luttes féministes — combats qui se poursuivent en 2025 — et aux exemples de collaborations fructueuses entre les genres, Anarelle nous offre une chanson humoristique, dans laquelle elle exprime son exaspération face à la charge mentale et à l’objectivation de nombreuses femmes au sein du couple, des problématiques centrales.
Mais au-delà de l’ironie, et dans le cadre de notre rubrique « Secrets de paroles », nous l’avons sollicitée pour rédiger un billet sur ce que peuvent être, de facto, des perceptions masculines malséantes sur le sexe dit opposé, et les différentes facettes que revêt l’hégémonie patriarcale.
Ce billet abordera des questionnements qui sont, malheureusement, toujours d’actualité : les obstacles rencontrés par les femmes dans une société façonnée par la perspective androcentrique, leurs rapports professionnels et amoureux, des enjeux incontournables pour un futur d’équité entre les genres.
Sans rien dissimuler, notre auteure maison illustrera son propos d’anecdotes véridiques, tantôt drôles, tantôt grinçantes, voire effrayantes, révélatrices du sexisme ordinaire.
Un extrait inédit de son prochain roman dévoilera, dans toute son odieuse vérité, la vision que certains individus portent sur le féminin, libertin, émancipé sexuellement. Cette critique incisive serait cocasse si elle n’était inspirée de faits réels inscrits dans la culture machiste persistant à notre époque.
En somme, bien que nous préférerions ne pas avoir à évoquer les attitudes condescendantes, méprisantes, voire ordurières de certains hommes ni à dénoncer la « Papacratie », notre engagement à envisager l’égalité, que ce soit debout ou couché, nous impose d’aborder des sujets suscitant la controverse. Sujets régulièrement soulevés par des militantes féministes, pas forcément atteintes de misandrie.
Il est temps, à présent, de laisser place aux mots et aux anciens maux d’Anarelle.
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Chroniques d’une femme née en « Papacratie » : témoignage sur le « regard masculin »
Dans ce billet, j’ai opté pour une approche directe, délaissant les filtres de personnages romancés qui soulèvent souvent des interrogations sur la frontière entre fiction et réalité. Mon objectif consiste à vous narrer, à travers une série d’anecdotes tour à tour cocasses, navrantes, ou totalement consternantes, quelques manifestations emblématiques du « male gaze » auxquelles j’ai été exposée tout au long de mon existence. Je porte à croire que mes expériences reflètent celles que de trop nombreuses femmes, victimes d’un sexisme ordinaire, ont rencontrées.
À cette occasion, le terme « Papacratie » s’est naturellement imposé, bien que je ne l’eusse jamais employé auparavant, n’en ayant pas davantage trouvé trace sur la toile.
En effet, j’ai fréquemment éprouvé ce sentiment insidieux de ne pas être considérée comme une adulte consciente et autonome, face aux réflexions d’hommes, qu’ils fussent proches ou inconnus. Au fil de ces anecdotes marquantes, vous découvrirez ce qui a pu constituer le quotidien d’une épouse, femme, et libertine appartenant à la génération X.
Vous avez dit phallocentrisme ?
À l’aube de ma trentaine, je partageais mon intimité avec un prototype abouti du mâle phallocentré. Pour ceux qui viennent d’écouter « M’Lover », je confirme l’authenticité des paroles, directement puisées dans les sources de mon vécu.
Mon conjoint, en effet, soulevait ses pieds en soupirant, comme si cet acte représentait un effort titanesque, tandis que je maniais le manche de l’aspirateur. Néanmoins, contrairement à ce que l’illustration de la chanson suggère, je n’étais pas une tenue légère.
Au cours des dernières années de notre union, je l’ai effectivement averti que, faute d’une considération accrue, dans tous les aspects de notre vie matrimoniale, je me verrais contrainte de chercher attention et affection ailleurs. Une prise de conscience, au bout de quinze ans de cohabitation, qui fut mon premier pas vers une libération, une sortie des schémas d’interaction, trop répandus, hélas !
Il faut dire qu’au terme de ces années à le côtoyer, j’avais accumulé un florilège de remarques désobligeantes qu’il me balançait sans le moindre scrupule. J’éprouvais le sentiment grandissant que je n’incarnais pour lui qu’une « aimable utilité », gratifiée d’un « je t’aime » uniquement lorsque ses besoins charnels se manifestaient. C’était une forme d’oppression subtile, néanmoins destructrice de ma personnalité.
Bien que notre relation ne fût pas totalement unilatérale, force était de constater que le bilan demeurait déséquilibré.
Je vous parle d’une époque, pas si lointaine, qui se caractérisait par l’absence, dans le débat public, de discussions autour de la charge mentale, de l’émancipation féminine au quotidien, de l’égalité au sein du couple, de la répartition des tâches ménagères. Et surtout, des revendications égalitaires dans la sphère intime.
L’évolution silencieuse des rapports de genre : entre progrès et persistance du regard masculin
Dans les années 2000-2010, on ne parlait pas encore du hashtag MeToo. Les médias, qu’ils fussent en ligne ou sur papier, ne disséquaient pas ce que pouvaient être la charge mentale, le féminisme au quotidien, l’égalité dans les relations de couple, la répartition des tâches ménagères et, surtout, l’égalité dans la chambre conjugale n’était jamais évoquée. Le militantisme féministe, c’était celui des années 70, autant dire au temps de nos mères.
Il s’agissait d’une sorte de « no woman’s land ». Il n’y avait ni guerre ni paix déclarée entre le genre féminin et le masculin. Pourtant, une évolution silencieuse s’opérait, peu relayée par les réseaux sociaux, ou de manière trop sporadique.
On salua l’arrivée de certaines femmes au pouvoir, comme Angela Merkel devenant la première chancelière d’un grand État européen en 2005. Sur nos écrans, on commença à suivre les aventures de quelques héroïnes « badass », qui distribuaient des claques aux méchants, toujours affublées de tenues affriolantes — le « male gaze » n’était pas un sujet d’actualité, malgré sa théorisation datant de 1975. Donc, tout allait bien en « Papacratie » ! Ou presque !
Je pense que la plupart des jeunes femmes de ma génération se souciaient peu que Lara Croft se coltinât des gros bras, vêtue d’un débardeur et d’un short moulant qui ne dissimulaient rien de ses courbes et rondeurs. Le simple fait de ne plus être contraintes de « mater » les sempiternels séries ou films dans lesquels des donzelles en perdition priaient, les yeux pleins de larmes, ligotées à un poteau de torture, un lit, une chaise, pour qu’un clone de « James la bombe » vole à leur secours, procurait un sentiment jubilatoire.
Ouvrons une parenthèse : Laurent Ducastel planche en ce moment sur un billet qui sera publié d’ici trois semaines. Il y sera question d’un duo télévisuel iconique de la fin des années soixante-dix, dans lequel un homme à chapeau melon s’incline devant le « sex-appeal », l’intelligence et l’audace d’une femme en bottes de cuir. Refermons la parenthèse.

Toujours est-il, que voici ma position, ferme et définitive en ce qui concerne les tenues aguichantes : pourquoi pas ? Je considère, même si certaines y voient du « male gaze », que l’on peut tout à fait présenter une femme « sexy » à l’écran, en photographie, ou dans toutes sortes d’arts visuels, pour peu que cette dernière ne soit pas réduite à cette seule et unique qualité.
Le charme et la séduction constituent des atouts indéniables, pourquoi s’obstiner à les effacer ?
Ce n’est pas aux femmes de gommer leur sensualité, c’est le regard qui est porté sur celle qui possède cet attribut qui doit changer.
Je vous renvoie, en fin de billet, à l’extrait « Les Pornographos » de mon futur roman. J’ai la certitude que vous comprendrez ce que j’induis.
Prisonnière d’une relation toxique : l’ignorance comme geôlière
À ce tournant de l’histoire, je suis mariée à ce qu’on peut convenir d’appeler, en plus d’être un phallocentré, un « gros enfoiré affectif ». L’archétype, c’est mon analyse aujourd’hui, même du dominateur à gueule d’ange ! Mais ça, je ne le savais pas. Pourquoi ? Tout simplement parce que le concept de pervers narcissique n’était pas « vulgarisé ». On n’en parlait pas, ou peu, sur les forums ou réseaux sociaux. Ce manque d’information et de sensibilisation contribuait à entériner et enterrer les violences conjugales.
J’avais pourtant la conscience ou l’intuition, que ma position dans mon union était celle d’une subalterne, en aucun cas d’une égale, et que quelque chose ne tournait pas très rond dans mon couple. Je n’avais nulle référence accessible pour pouvoir envisager d’autres perspectives que les miennes. Personne vers qui me tourner afin de jauger si ma relation relevait d’une « normalité » satisfaisante. Après tout, les divergences d’opinions, les scènes de ménage constituent le lot de toute vie maritale !
En plein désarroi, prise dans un étau dont j’aurais souhaité m’extirper, essayant de discerner ce qui était tolérable de ce qui était inacceptable dans le cadre d’une relation amoureuse, je tentais d’opérer des parallèles avec celle de mes parents, les acquis de mon éducation, cherchant désespérément des repères dans ce brouillard émotionnel.
Entre avant-gardisme et sexisme au quotidien : mon éducation
Je devais avoir quinze ou seize ans, et je me remémore avec une acuité surprenante mon paternel, immobile dans notre cuisine, les mains dans les poches, tel un badaud en visite dans son propre foyer. Après vingt ans de vie sous le même toit, sa réponse à ma mère, affairée à préparer le repas et lui demandant de lui apporter un torchon qui se trouvait dans le placard à sa proximité fusa : « C’est où ? ». Cette anecdote illustre parfaitement le stéréotype des tâches exclusivement dévolues à un des genres.
Cette scène fut, de mémoire, l’une de mes premières confrontations aux us et coutumes de la « Papacratie ». La cuisine étant comme chacun sait l’apanage du féminin, sauf si le mâle porte une toque et dirige une brigade.
Pourquoi cet événement en particulier s’est-il gravé dans ma mémoire ? Allez donc, savoir !
Il va sans dire que je n’ai jamais vu mon père manier l’aspirateur ni partager la moindre tâche ménagère avec ma mère. Bien que tous deux exerçassent une activité professionnelle, l’intégralité des charges domestiques incombait à celle-ci.
Toutefois, malgré son appartenance à la génération d’après-guerre, mon pater familias professait des idées avant-gardistes à bien des égards. Jamais il ne m’a limitée en raison de mon genre. Bien au contraire, sur de nombreux aspects de mon éducation, je peux affirmer qu’il était un progressiste.
À but d’illustration : toute mon adolescence, il me répéta inlassablement : « Étudie avec assiduité. Décroche des diplômes, assure-toi une carrière solide, et tu n’auras pas à subir un mari ». Cependant, bien que j’eusse poursuivi un cursus universitaire, il avait omis de mentionner qu’il n’existait aucune autre formation, que celle du terrain, pour se prémunir contre les élans inconsidérés d’un cœur tendre.
Toujours est-il qu’il avait compris que l’émancipation de la femme passait, obligatoirement, par l’éducation et son autonomie financière.
Malgré ces sages conseils, mon maudit palpitant se fit emballer par l’un des premiers beaux gars que je rencontrai.
C’est ainsi que je me retrouvai en couple, dotée d’un maigre bagage en matière de relations affectives, peinant à discerner le tolérable de l’inadmissible.
Les montagnes russes d’une relation toxique : entre amour et désarroi
Au gré du temps, des phases lunaires, je faisais face à Jean qui rit ou Jean qui hurle. Une forme de violence psychologique qui sape l’estime de soi. Pourtant je me battais farouchement, n’allez pas croire que je laissais passer ses irrévérences, mais, et c’est enfoncer une porte ouverte : « Le cœur a des raisons, que la raison ignore ».
Un exemple qui aujourd’hui, avec le recul, atteint des sommets tragi-comiques. Imaginez la scène : lui venait d’intégrer la vie active, tandis que je jonglais entre études universitaires et petits boulots pour mettre du beurre dans nos patates. Les épinards s’avéraient trop onéreux pour un jeune couple.
Un soir, rentrée tôt, j’avais enchaîné courses, promenade de notre chienne, un brin de ménage, avant d’enfiler mon tablier pour mitonner un dîner aux petits oignons. Tout se déroula à merveille jusqu’au service de la salade, moment fatidique où ma carrière de cordon-bleu prît un tournant inattendu.
C’est alors que le drame éclata, une véritable tirade digne d’Othello conspuant Desdémone. Le crime de lèse-majesté ? Un grain de sable dans la verdure : la denture de mon seigneur et maître avait buté sur un minuscule gravillon. De tels incidents peuvent sembler anodins, cependant ils révèlent un manque total de respect et des tentatives, pernicieuses, de domination.
S’ensuivirent, reproches, sarcasmes, et au bout de quelques jours, où nous dormîmes à l’auberge du cul tourné, un soir, une main câline s’inséra dans mon fessier, un « je t’aime » plus tard, et on jouait réconciliation sur l’oreiller. Qui résiste à l’appel de l’amour, surtout dans les premiers temps d’une vie conjugale ? Que celle qui n’a jamais péché me jette le premier caillou !
De tels épisodes se multiplièrent, tout au long de notre mariage. Pourquoi les endurais-je ? Par amour, toujours, aussi naïf que cela pût paraître.
Et puis, une fichue tendance à penser qu’après tout, c’était peut-être moi la fautive. Que je n’étais pas assez cela, ou ceci ! J’apparenterais cela à un syndrome de l’imposteur. Cette culpabilisation est une caractéristique des relations toxiques et de l’oppression du féminin.
Rétrospectivement, j’avancerais que nombre d’hommes s’avèrent tout autant sujets aux fluctuations hormonales que nous. S’ils n’ont pas leurs règles, certains « Homo Erectus Bandus », comme je les surnomme, connaissent des épisodes de « couilles à l’envers » aussi récurrents que ceux des rediffusions « Des feux de l’amour » à la télévision.
Ces chauds et froids me plongeaient dans des abîmes de perplexité, tout ce qui pouvait aller de travers était ma faute. Et à chaque nouvelle scène, un sentiment étrange d’illogisme m’étreignait. L’alternance de moments tendres et de crises violentes, je le sais aujourd’hui, est une forme de manipulation émotionnelle.
Celles qui ont traversé une épreuve similaire comprendront exactement ce que je veux dire ! Mon esprit tournait en boucle : le problème venait-il de moi ou de lui ? Ses comportements étaient-ils normaux à mon égard ? Je vous rappelle qu’il n’existait pas de forum en ligne, internet en était à ses balbutiements. L’absence d’information et de soutien rendait difficile l’analyse de la situation.
Après quatorze années de ce régime, alternant orages et éclaircies, et suite à une infidélité, nous décidâmes de consulter un psychologue pour traiter mon anorexie en résultant. Eh, oui, même les plus déterminées atteignent leurs limites.
Je pense qu’à ce moment-là, mon « enfoiré affectif » eut un éclair de conscience, se demandant s’il n’avait pas franchi une ligne rouge. S’était-il rendu compte de l’impact émotionnel de ses violences verbales ? Difficile à affirmer.
La réponse du praticien, d’un âge certain, lorsque j’évoquai l’anormalité des brusques accès colériques de mon conjoint fut : « Madame, vous êtes trop sensible ! » Je restai médusée, souhaitant presque être la Gorgone pour les pétrifier tous deux. Car mon ex-mari à mes côtés souriait d’un air entendu.
Quoi, le problème venait de moi ? Cela me semblait illogique. Cette minimisation des violences sexistes par un professionnel est malheureusement, selon les témoignages de nombreuses victimes, toujours aussi fréquente.
Courte digression : j’appris quelques mois plus tard que ce fameux médecin s’était suicidé par arme à feu un matin, dans son lit conjugal, son épouse assoupie près de lui. Je laisse à votre jugement la morale de cette histoire.
Progressivement, les questions qui me taraudaient depuis des années s’intensifièrent. Puis, une interrogation à dix mille euros s’imposa : « Sont-ils donc tous ainsi ? »
Mesquinerie sur le lieu de travail

Au fil de ma carrière dans diverses entreprises, de nombreuses réflexions jalonnèrent mon parcours. Une, en particulier, reste gravée dans ma mémoire :
Alors employée dans le secteur bancaire, je me vis confier la gestion d’un dossier épineux par mon chef de service. Au cours d’une réunion avec plusieurs collègues, je conseillai une porte de sortie. Un « Jean-Piètre » [3] me considéra, puis s’exclama à la cantonade, ignorant ma présence : « Ah, non seulement elle est charmante, mais en plus elle a un cerveau ! ». Je demeurai muette, partagée entre la flatterie d’avoir mon esprit d’à-propos salué et l’indignation face à une remarque qui n’aurait jamais été adressée à un homologue masculin. Mon manque d’assurance, en ce temps-là, m’empêcha de riposter.
Le stockage de données du Désir Éditions ne pourrait contenir toutes les discriminations liées à mon genre que j’eus à subir au cours de ma vie professionnelle.
Un constat s’imposa : les hommes se sentaient supérieurs, simplement en raison de mon appartenance au sexe dit opposé.
Et je n’étais qu’au début de mes découvertes en la matière.
Couple candauliste [5] et poudre d’escampette
La question qui me tourmentait — « Sont-ils tous ainsi ? » — allait trouver un début de réponse, pour le moins inattendu, grâce à un complice de trio, qui me démontra qu’un homme pouvait cultiver une approche respectueuse de la femme et de sa sexualité.
Trio ? Qu’est-ce donc ?
Au cours de l’ultime année de notre union, mon ex-conjoint, obsédé par ses désirs, me plongea dans un monde de fantasmes dérangeants en me proposant de pratiquer le triolisme : deux hommes pour une femme. C’est ainsi que je découvris, avec un mélange de répulsion et de fascination, le candaulisme, une expérience qui allait me marquer à jamais.
Initialement, je m’y opposais farouchement, jugeant cette pratique perverse. Cependant, un aspect m’attira : l’inscription sur un site libertin m’offrit l’opportunité de converser virtuellement avec d’autres hommes, avec l’assentiment de mon ex-tuteur, qui oscillait entre enthousiasme et jalousie selon les jours, et d’envisager de nouvelles perspectives masculines intimes.
C’est ainsi que nous rencontrâmes notre premier complice, choisi par moi — j’avais imposé cette condition — avec qui j’avais longuement échangé.
Son origine allemande revêt-elle une signification particulière dans mon récit ? Peut-être. En tout cas, mon Germain me considérait comme une personne à part entière, et non simplement comme une « femme ». Cette expérience m’apprit la valeur cruciale de la communication et du respect mutuel dans les relations interpersonnelles.

Cette rencontre me procura l’impulsion nécessaire pour me séparer de mon « Barbe-Bleue » dans des circonstances ubuesques : une fuite à cheval, suite à sa tentative de m’étrangler, une agression physique, la première et la seule, qui mit un point final à cette relation, que je qualifierais d’abusive.
Les dernières invectives qui se déversèrent sur ma personne tandis que j’enfourchai ma jument furent : « Tu n’es rien sans moi, si tu te barres, tu finiras dans un bar à putes à sucer des Arabes ! ». Ces propos furent révélateurs de son mépris et de sa volonté de me maintenir dans un état de domination.
Ce mariage s’achevait en apothéose : sans lui, à l’évidence je ne trouverais ma place que dans un ruisseau !
Certaines phrases vous marquent à jamais, telle une flétrissure indélébile sur le cœur. Ce n’étaient pas ces mots qui m’avaient commotionnée, mais la honte. Comment avais-je pu aimer une personnalité dotée d’une face aussi sombre et partager sa vie ? Mettons cela sur le compte de la jeunesse !…
Renaissance et découvertes : l’émancipation par l’amour
Mon Allemand et moi vécûmes une belle aventure, riche en révélations de toute sorte. Cette relation a contribué à ma mon éveil féministe.
À ses côtés, je découvris avec stupéfaction l’existence de la mer à Marseille. Riez autant que vous le souhaitez, mais durant les dernières années de mon mariage, malgré nos visites bimensuelles en centre-ville pour des raisons professionnelles, jamais je n’avais contemplé le Vieux-Port ! Cette découverte fut un symbole de ma propre libération, me permettant de voir le monde sous un nouveau jour, où le masculin se plaçait au service d’un plaisir commun et non seulement du sien.
Hélas, il semblerait que certaines personnes, et je suppose que mon existence s’inscrit dans cette perspective, fussent désignées par le sort comme cobaye afin de tester toutes les emmerdes disponibles. Ces parcours chaotiques sont probablement nécessaires pour atteindre un plein épanouissement et qui sait, il se peut, pour aider d’autres à lutter contre toute forme de domination, consécutive à une appartenance au groupe des « Elles ».
Sexisme au quotidien, le syndrome de l’idiote
Mon Allemand et moi nous nous séparâmes, tout doucement sans heurt. Pourtant, ce fut un nouveau déchirement.
Du temps de notre relation, une anecdote relative au sexisme ordinaire me revient :
J’avais acquis une voiture d’occasion dont le compteur avait été changé. Je me fis flasher trois fois, à peu de temps d’intervalle, alors que j’étais certaine d’avoir respecté les limitations de vitesse. Un garagiste du quartier, en passe de prendre sa retraite, maugréa en me rendant son diagnostic : « Ben ma p’tite dame, faut faire attention quand on conduit ! ». J’étais à deux doigts de lui enfoncer sa clé à molette dans la bouche, ou ailleurs… Le comble de la condescendance ! Un nouveau professionnel et un bilan plus tard, j’eus confirmation que je n’étais pas une abrutie : problème d’incompatibilité du compteur avec le modèle de mon véhicule. Il sous-estimait ma vitesse réelle !
La p’tite dame n’avait rien à voir dans l’histoire. Aurait-il dit à un homme « Mon p’tit monsieur » ? Je suis certaine que non ! Sa réplique était du même acabit que : « femme au volant, mort au tournant ! ». Encore une fois, je suis restée sonnée. Que répondre ? Sans dépasser cette civilité qui nous encombre trop souvent ? Mais évidemment le « Mon p’tit vieux, faut arrêter de sucrer les fraises ! » s’imposât, vite refoulé, car désobligeant.
L’exploration de soi : du libertinage à l’introspection
À ce stade de mon parcours, j’avais accumulé une amertume considérable envers l’institution du mariage et les hommes « ordinaires ». Une réflexion s’imposa alors : pourquoi ne pas vivre pour moi-même, simplement ? Butiner au gré de mes envies, sans la pression d’un avenir commun, pour le seul plaisir. La voie du libertinage m’attira, non pas tant pour l’aspect physique que pour la découverte intellectuelle et personnelle qu’elle promettait. Je multipliais les conversations en ligne et les rencontres, dont la plupart ne connurent aucun dénouement intime. Cette exploration fut une étape importante dans mon émancipation et ma libération, à la fois psychologique et sensuelle.

Pourtant la question, qui, de dix mille euros, était passée à cent mille, persistait : sont-ils donc tous ainsi ? Dominateurs, égocentrés, dépourvus d’empathie, ne percevant la femme que comme un objet, ou un sous-individu ? En somme, une coexistence sereine avec un homme, en dehors des normes patriarcales, est-elle envisageable ? L’amour authentique demeure-t-il possible ?
Ce que l’on tolère à vingt ans, ce contre quoi on lutte à trente, devient intolérable à quarante. La solitude apparaît alors préférable aux brimades quotidiennes qui vous rabaissent, uniquement parce que vous êtes une « elle ».
Les écueils du libertinage : entre espoirs et désillusions
J’entretenais l’espoir qu’au sein de ces milieux dits libertins, je rencontrerais des « égaux » plutôt que des égos ou de l’égoïsme.
Ai-je pour autant croisé uniquement des gentlemen ? Oups, joker ! Le fil conducteur de ce « secret des paroles » vise à partager quelques anecdotes illustrant la face obscure de mes expériences avec la gent masculine. Continuez à lire ce billet et tout s’éclaircira. Enfin, façon de parler ! Car dans l’extrait « Les Pornographos », nous allons tutoyer les plus basses pulsions de ces messieurs.
Par conséquent, je ne dévoilerai pas ici ni maintenant : le bon, l’extraordinaire, le suprêmement bouleversant ni les fusions que j’ai pu connaître avec certaines âmes.
Ces aspects positifs, vous pourrez les découvrir dans les chapitres de mon roman en cours d’écriture, une fiction inspirée par les événements vécus en compagnie d’hommes, de femmes ou de couples libertins. Il ne s’agit pas d’une autofiction, mais plutôt d’un condensé romancé de cette longue période de ma vie, dont je publierai le premier volet intitulé « Les As d’Alexandra, le journal d’une hédoniste », début juin.
Cette œuvre sera en quelque sorte ma contribution à la cause des femmes et à la lutte contre les stéréotypes.

« Les Pornographos »
Pour situer l’action de l’extrait qui va suivre, mon personnage principal, Alexandra, vient de subir un grave accident qui la plonge dans un état second. Ce passage vous livre des résurgences nauséabondes de discussions en ligne avec des hommes désireux de la rencontrer, qui, comme vous le constaterez, conçoivent le terme « délicatesse » d’une manière toute personnelle !
Tout ce qui va suivre, je l’ai réellement lu, et mes réponses ont été, à peu de chose près, celles retranscrites ci-après. J’ai simplement procédé à une mise en forme. Karrakaz est le pseudo, en ligne, d’Alexandra.
« … — Et qu’est-ce qu’une libertine ?
— Une libertine, c’est une gonzesse qui est toujours dispo pour se faire baiser, cela permet de ne pas perdre son temps à la draguer ou à la séduire, et c’est aussi une économie d’argent. C’est une pute, mais en mieux.
Karrakaz fronce les sourcils. Ses cellules nerveuses se souviennent de certaines définitions associées aux mots qu’il vient de prononcer. Et ces perspectives n’ont rien de réjouissant. Se renfrognant :
— Je n’ai que peu de conviction, toutefois je sais que cette définition de libertine ne me correspond pas.
Ne souhaitant pas perdre plus de temps avec lui, elle lance un :
— Au suivant !
Le congédiant sans même un au revoir.
Le deuxième à l’allure d’un jouvenceau, blond et bien fait de sa personne, couine :
— J’adorerais baiser avec toi. T’es trop belle !
Baiser, ce mot n’est pas approprié. C’est une autre certitude qu’elle vient d’acquérir. Elle le laisse pourtant continuer, toutes les pistes doivent être envisagées.
— Et, puis j’adore combler les MILF, enfin les mâtures comme toi. Ce sont des salopes avec de l’expérience. Et moi, je suis jeune et vigoureux, je tiens la distance, Madame.
Ainsi, il semblerait que l’homme la juge comme une femme avec du savoir-faire. Elle progresse sur le chemin de sa vérité. Cependant deux questions se posent, De quoi l’expérience est-elle constituée et quelle est la définition de salope ? Elle le questionne.
— Une nana qui aime se faire démonter par tous les trous, c’est évident ! Elle aime la queue. Et c’est encore mieux si elle aime les gang-bangs, se faire prendre par plein de mecs. Une pute à foutre, quoi !
Des perceptions lui reviennent, d’échauffements brûlant son intimité, comme des râpes à fromage frottant ses muqueuses internes. Les définitions se précisent tout comme les termes. Elle commence à se souvenir de multitudes de représentations, discerne ce qu’elle pourrait être, mais surtout ce qu’elle déteste. Les images de situations, de sensations, affluent à grande vitesse. Elle est en train de recouvrer la mémoire. Les paroles, spontanément, sortent de sa bouche :
— Oui, mais moi, je n’aime pas les gonzos. Et je ne suis ni pute, ni soumise !
Les mots ont jailli naturellement.
— Oui, mais moi, j’ai envie de toi.
— Oui, mais pas moi !
— Mais, moi oui. Allez, dis oui, Madame. Je te jure que tu ne le regretteras pas !
Elle met fin à l’échange en maugréant un, “Et, au suivant”
Devant elle se présente un homme habillé en costume et cravate. Sa voix basse et posée semble augurer respect et courtoisie.
— Je suis un homme cérébral, j’aime procurer du plaisir aux femmes comme vous. Vous êtes d’une beauté à faire pâlir les étoiles. Dès que je vous ai vue, j’ai su que nous étions faits pour nous accoupler. Et ce, sans aucun délai, je ne peux attendre.
— C’est un peu rapide, nous pouvons nous découvrir avant. Et…
Alors qu’elle s’apprête à lui préciser certains points qui lui paraissent de la plus haute importance, il l’interrompt abruptement.
— J’ai le fantasme d’une inconnue venant me sucer sous mon bureau, au boulot. Je pense que vous êtes la personne idéale pour cela.
Une fois encore, les mots s’assemblent naturellement.
— Sans problème et je ferai vos photocopies après !
Et au suivant.
Un beau cul, belle gueule, la surprend par sa grossièreté :
— En te regardant, je me dis, que tu transpires la bite et en plus, t’as une bouche à pipes. Tu peux me croire, c’est un compliment que je fais exceptionnellement.
Après une demi-seconde, ses neurones ayant retrouvé toute leur agilité, elle prononce moqueuse. :
— Tout en t’écoutant, je me suis fait la réflexion : “mille watts dans chaque biceps et pas une lumière qui s’allume au milieu. C’est dommage toute cette énergie perdue !”
Elle remanie le texte de l’écriteau, maintenant qu’elle a progressé dans son enquête, les indices qu’ils lui ont donnés sont plutôt des contre-exemples à ce qu’elle ressent être comme ses vérités :
“Je suis un cocktail de pensées libres et sensuelles, cherchant un alter ego. Voici ma recette : un quart de glamour, un quart d’humour, un quart d’esprit coquin, un quart de mystère. Ajoutez : Un long trait de perversité joueuse et un soupçon de tendresse et de douceur.” Elle prend une immense inspiration, avant de continuer : “Mon plaisir est votre plaisir, pour peu que nos désirs se ressemblent. Je ne suis pas soumise et déteste les ambiances vulgaires. Je privilégierai les mens sana in corpore sano. Avis aux gentlemen entre trente-cinq, et cinquante ans, si bien conservés.”
Et, au suivant :
Il n’est pas très grand, rond comme une balle, transpire abondamment, ne correspond en aucun cas à ses critères physiques, alors pourquoi se présente-t-il devant elle ? Avant même qu’elle ne puisse le congédier, il crécelle :
— J’ai toujours rêvé d’une princesse comme toi, parce que tu as bite au palais.
Ces mots s’inscrivent devant ses yeux en lettres de feu. Elle les éteint, arrosant le pyromane d’un :
— Je ne recherche pas de crapaud coassant.
Et, au suivant :
Le défilé se poursuit interminablement, leurs propos ne suscitent aucun désir, aucun plaisir, uniquement un rejet instinctif. Cependant, elle continue d’apprendre, quoiqu’elle trouve que cela commence à tourner au jeu du ni queue ni tête. Ou plutôt uniquement avec quéquette. Elle s’ébroue, se questionne sur les surprenantes associations qui s’empilent dans sa tête. D’alouette ?
Et, au suivant :
— J’aimerais faire un truc inconnu dans un endroit que je ne connais pas. C’est un fantasme. Ça te tente ?
— Va dans la cuisine et fais la vaisselle ! Oh et rapporte-moi un coca en revenant.
Plop, l’homme disparaît, mais la masse de prétendants ne décroît pas, semble même devenir de plus en plus compacte.
Et, au suivant :
— Tu te déguises en infirmière ?
— OK, je prends l’attirail complet, scalpel et seringue.
Et, au suivant :
— En écolière ?
— Pour info, on n’a pas inventé de potion rajeunissante, mais quand elle existera, j’aviserai.
Et, au suivant :
— En nonne ?
— Tu te prénommes Donatien ? [6]
— C’est qui, celui-là ?
Et, au suivant :
— Je suis dépanneur d’ascenseur, ça te tente un quickie dans un lieu public ?
— Désolée, je suis claustrophobe et si j’ai besoin d’un rabbit, j’en ai un dans mon tiroir !
Sa patience est à bout, elle n’apprend plus rien, bien au contraire, non seulement ils ne l’écoutent pas, mais en plus, ils sont englués dans leurs fantasmes comme des spaghettis dans du gruyère fondu [4] Son irritation croît. Pourtant, elle n’arrive pas à stopper le flot des membres qui se présentent à elle, dégueulant devant son parloir leurs projections méphitiques :
— T’aimes les claques sur le cul ? J’ai remarqué que les filles adorent cela.
— Hihihihihihi (hennissement de jument).
Et, au suivant :
— Je vais grave te démonter, ma belle. Je suis sûr que t’adores être bourrée.
— Tu connais le syndrome du nourrisson secoué ? Je te rappelle que c’est un acte de maltraitance, passible de peine de prison.
Et, au suivant :
— Tu m’attends dans une chambre d’hôtel, t’es en bas et porte-jarretelle, ta jupe remontée sur ton cul, t’es à quatre pattes tournée vers la porte, un bandeau sur les yeux. Je rentre et te prends en levrette.
— Et si on inversait ? Tu m’attends nu sur le lit et je viens m’empaler sur toi.
— Ah bah, non !
— Non, pourquoi ?
— Ben toi t’es une femme, ce n’est pas comparable ! … »
Ces derniers mots me font encore rire quand je les relis, tant ils sont symptomatiques des troubles de certains mâles : « Une femme, ce n’est pas comparable ! ».
Cette attitude reflète dans toute son affligeante perfection, le plus grand mépris de notre genre, une objectivation en toute bonne conscience, constituant un signal d’alarme sur l’absolue nécessité de lutter contre le sexisme, d’autant plus dans un univers qui se targue d’être libéré !
Il existe des astronautes de l’amour
Le regard patriarcal s’avère une réalité tangible, indéniable, que j’ai maintes fois endurée. Ainsi que je viens d’en témoigner.
J’ai aimé un homme qui, nonchalamment, levait les pieds tandis que j’aspirais ses miettes éparpillées sur le tapis, sans jamais s’interroger sur la normalité ou la moralité de son attitude. J’ai côtoyé des individus persuadés que les femmes naissaient avec les chromosomes du ménage ; d’autres qui, d’un simple sifflement, pensaient pouvoir me faire accourir ; et ceux, plus vils encore, qui tentèrent de me réduire à un simple objet destiné à assouvir leur satisfaction sexuelle.
Certes, ces spécimens existent, indéniablement.

Néanmoins, j’affirme avec conviction qu’il existe également des hommes d’une tout autre trempe. Des hommes qui, s’ils étaient astronautes, n’hésiteraient pas à décrocher la lune pour illuminer vos jours. Ces hommes du quotidien, discrets dans leur dévouement, aiment sans ostentation. Ils ne sont pas « déconstruits » — ce terme me paraît être une invention stérile. Non, ce sont tout simplement des êtres humains dotés d’une précieuse qualité : l’empathie.
Au terme de ce billet, je tiens à souligner, si toutefois un doute persistait, que mes propos ne relèvent aucunement de la misandrie. Jamais je n’affirmerai que tous se comportent ainsi, en permanence. Cette nuance est importante pour éviter de tomber dans des généralisations hâtives, contreproductives pour la promotion d’un dialogue apaisé entre nos deux genres.
Cependant, comme vous venez d’en prendre connaissance, j’ai affronté la condescendance, subi des moqueries en raison de mon appartenance au sexe féminin, et pire encore, un devoir d’obéissance à des injonctions sexuelles. Ces expériences m’ont confortée dans ma démarche féministe et dans ma volonté de lutter contre toutes formes de violences sexistes qu’elles soient verbales ou corporelles.
Et je vous en prie, messieurs, avant de prononcer une répartie que vous pensez astucieuse, de tourner vingt fois votre langue dans votre bouche et pendant ce temps questionnez-vous : adresseriez-vous cette réflexion à un homologue masculin ? Car aucune parole n’est anodine !
Aujourd’hui c’était tir à vue sur tous ceux qui peinent à reconnaître la femme comme l’avenir de l’homme, ainsi que le chantait Jean Ferrat d’après un poème de Louis Aragon. Car, il est essentiel d’envisager une vision positive et respectueuse de notre sexe dans la société, et s’il faut en passer par un pointage de tout ce qui ne fonctionne pas, les membres d’équipage et moi-même ne dérogerons pas à nos devoirs.

L’aventure du Désir Éditions, dont nous vous narrerons la seconde partie de l’épopée, dans le prochain billet, bien que non exempte de soubresauts — quelles relations n’en connaissent pas ? — témoigne qu’il est possible d’œuvrer main dans la main, hommes et femmes : « Accord des corps et des cœurs » étant un de nos axiomes fondateurs.
Fait notable : c’est sous la direction d’une « Capitaine », et non d’un capitaine que notre « Astronef Littéraire Non Conventionnel » navigue dans les cieux de la littérature sensuelle, et plus généralement des Arts et du divertissement !
Illustration parlante de ce que peut être un engagement intergenre, constructif et épanouissant.
Nous voici arrivées au terme des anecdotes d’une femme qui naquit en « Papacratie » et s’en libéra, sans jamais genoux ployer, ou presque !
Nous nous retrouverons à l’occasion de futurs billets, en solo ou co-écrits.
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Notes :
[1] Le male gaze désigne le regard masculin dominant dans la culture visuelle, où les femmes sont souvent objectifiées et sexualisées pour satisfaire les désirs masculins. Ce concept a été théorisé par Laura Mulvey en 1975 dans son article Visual Pleasure and Narrative Cinema.
[2] Papacratie : ce terme, dont je n’ai trouvé aucune mention dans l’usage que j’en fais dans ce billet, désigne un système où le pouvoir est concentré entre les mains de figures paternelles ou patriarcales, souvent de manière injustifiée. Étymologiquement, il combine « papa » (figure paternelle) et « -cratie » (du grec « kratos », pouvoir).
[3] FION : Fourbe, Insensible, Opportuniste, Narcissique.
[4] Dans la série « Ma sorcière bien-aimée », Endora, la mère de Samantha, emploie l’expression « Jean-Piètre » pour se moquer de son beau-fils. Ce surnom dérisoire souligne la perception qu’elle a de lui : un stéréotype de la masculinité traditionnelle, à la fois ridicule et prétentieux.
[5] Frédéric Dard (1921-2000) : « Les hommes sont empêtrés dans leurs fantasmes comme des spaghettis dans du parmesan fondu. »
[6] Un couple candauliste, ce sont deux conjoints où l’un des partenaires ressent du plaisir à exposer ou partager l’autre avec d’autres personnes, dans un contexte sexuel. En théorie, avec consentement mutuel et sans jalousie.
[7] Alphonse Donatien, Marquis de Sade
Sources :
Une pathologie à laquelle les hommes sont le plus souvent sujets
Très belle confession. Et il est vrai qu’à vous lire, j’ai un peu honte de mes semblables; de leur machisme, de leur égocentrisme, de leur stupidité.
Je pense néanmoins qu’il y a, grâce aux femmes, une évolution des mentalités …. certes très lente, mais significative et qui fera que, peut-être un jour … en espérant que nous serons encore là pour le voir, hommes et femmes seront, non plus rivaux, mais complémentaires en tout.
J’ignore si la femme sera l’avenir de l’homme …. et ce n’est pas si important, finalement, mais une chose est certaine, elle modifie peu à peu, et positivement, sa manière de penser, d’agir, de se comporter. Et c’est cela qui est encourageant pour les années à venir !
Hubert. ( ….. celui des contes un peu irrévérencieux sur Insta ! )
Bonjour Hubert, merci de votre passage sur notre astronef. La bêtise, la stupidité et l’égocentrisme sont des traits partagés par les hommes comme par les femmes. Ici, le sujet portait spécifiquement sur ces « Messieurs ». À bord, nous ne sommes pas sexistes, et vous pouvez trouver la version de Laurent Ducastel sur la femme « Poison » : https://desir-editions.fr/fidelio-chapitre1-chronique-libertine-elegante/05/11/2024/
Au-delà de cela, le machisme persiste dans nos sociétés. Nous espérons, comme vous, qu’à l’instar de l’équipage que nous formons, hommes et femmes comprendront un jour que l’affrontement est stérile et que la coopération est bénéfique pour tous. C’est d’ailleurs l’une des missions que nous nous sommes assignées : diffuser ce message auprès de tous ceux qui voudront bien l’entendre. Notre devise résume bien cette philosophie : « Masculin Emphatique + Féminin Émancipé = Accord des corps et des cœurs ».
Oui, il est vrai que certaines femmes ont aussi leur part de responsabilité…. Nul n’a le monopole de la perfection.
En tous les cas, je vois que nous avons une vision similaire des choses. L’accord des corps et des cœurs …. La complémentarité, aussi bien d’ailleurs en amour, qu’en amitié, qu’en affaires, qu’en évasions érotiques, et que sais-je encore !
Les prises de conscience font heureusement peu à peu leur chemin à travers le monde…… hormis, hélas, dans les pays sous dictature religieuse …. mais ça, c’est une autre histoire.
En tous les cas, il me plaît bien, votre équipage ! J’espère qu’il atteindra pleinement ses objectifs.
Je ne manquerai pas de venir de temps en temps regarder ce qu’il renferme.
A bientôt donc !